La lune blanche était prisonnière de l'eau
alors elle hurlait pour appeler secours.
Elle flottait sur algues et varechs intestins.
Tandis que le rideau d'immense soie du ciel
s'écartait en lézarde faisant grand écart
sur les étoiles que le vent faisait trembler
tels bouquets d'oisillons ou brins d'herbe transis
les choses, très lentement, s'anamorphosaient
d'avoir trop couru sous la peau de l'univers.
On leur trouvait plein de cloques un peu partout
enkystées sous la paupière lourde du Temps,
en exophtalmique partance pour l'ailleurs
en dormance dans le hamac de l'horizon.
Notre perception, écarquillée
s'abîmait.
Nul ne savait ce qui couvait sous les coteaux
quels champs antiques, quels redressements futurs,
quels murmures
sur le fil tectonique et fou.
L'avenir tenait à conserver ses rébus.
Il les avait même enfermés dans des bocaux
faute d'être parvenu à claustrer les mers
et les étoiles et les lunes étonnées
et les nids d'urnes, qu'ils soient diurne ou obscurs.
Il se méfiait aussi des oiseaux au bec dur
et des plaines plaintives où ils habitaient,
redoutait les escaliers qui faisaient du bruit
et les tas de sable amoncelés au-dessous
qui nous faisaient penser à des images pieuses .
Pourquoi tout nous semble - il si équidistant ?
Il suffit de poser ici un confluent,
là un désir inextinguible de fuir
et hop, les corps ténus et diffractés affluent
aussi fluides que des murènes de hasard,
des vibrions, ondes, flagelles mais
sans voix.
Se pourrait - il que malgré tout
ils aient des ailes ?
Texte & photographie : Patricia Laranco.
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