vendredi 3 janvier 2014

Un texte d'Umar TIMOL (Île Maurice),évoquant lui aussi "l’extase diluvienne"...

Je ne récuse pas la transcendance de ce corps, aujourd’hui engorgé de boue et de pluie, qui se meut dans l’extase diluvienne, ce corps qui sait qu’il n’est d’autre ancrage que la terre, cette terre qui est une boursouflure rouge-sang, terre qui chevauche ces veines émaillées de désirs et qui les défont dans les osmoses de vents qui s’évertuent à la puissance. Je ne récuse pas cette transcendance. Nulle fatalité n’enferrera sa trop grande liberté, nul scribe n’érigera dans des parchemins la syntaxe de ses abandons, nul oracle ne sèmera dans ses audaces les vertus de la mort. Mais j’inscris cette transcendance dans la transcendance divine. Qui n’est autre que l’achèvement de ce corps. Transcendance qui l’affranchit de toute frontière, qui en fait une symphonie de lumière et de toutes ses pulsions, transcendance qui est le manifeste possible de la sainteté, transcendance qui est l’oraison de la nuit et du dénuement. Ainsi transcendances conjuguées, corps toujours plus impérieux, dont l’énonciation est le désir, corps toujours plus décharné, dont l’énonciation est le renoncement, transcendances conjuguées et corps enfin exaucé.



Umar TIMOL.

Un texte inspiré par le cyclone Bejia de Sophie BOISSON, jeune auteure de l'ÎLE DE LA RÉUNION.







Alerte rouge depuis dix heures ce matin : le vent s'élève sur la ville éteinte.
C'est un calme étrange qui nous aplatit maintenant. Tout est électrique, âpre. La pluie fend l'air de ses lames et le ciel cherche à mordre tout ce qu'il trouve. La bête est affamée, a soif de chair et de sang. Mais je ne suis pas certaine qu'elle trouve son compte dans ce flou. L'homme veille derrière les nacos et il écoute son ventre grouiller de rage. Il sait de quoi elle est capable.
Il la laissera alors se faire les dents sur les galets, rogner quelques tôles, griffer les écorces jusqu'à ce que l'île retrouve ses esprits...




Sophie BOISSON.







































Texte et photographies : Sophie BOISSON
(Toute reproduction interdite sans l'autorisation de l'auteur)



jeudi 2 janvier 2014

Un poème de Robert NOTENBOOM (France).



Des lourdes heures de la nuit sourdent

des hordes cauchemardes

Elles me poursuivent à me perdre

parfois m'attrapent

Me mordent, m'encordent

et torturent mon enfance éperdue





Quand viendra le pardon ?

Quand les flammes mouchées et les braises en cendres

Voudront-elles s'éteindre

En un somme agité à l'aube qui point ?





Éveillé

Il me faudra ceindre ma tunique

Et partir au combat

















Robert NOTENBOOM,

in A l'embaumée des Fleurs,

Editions du Puits de Roulle

Et, pour démarrer l'année philosophique sur des chapeaux de roue, ces quelques "pensées"...

Un arrogant, un "pervers narcissique" sont-ils en mesure de se faire des amis, et de les garder ?
La réponse est sans doute "oui", car, fort  heureusement pour eux, il existe des masochistes.







On se demande toujours, à propos de l'avenir, quelle sera sa forme...alors qu’au fond, la seule chose à laquelle, en ce domaine et en ce qui le concerne, on doive s'attendre, c'est qu'il aura celle d'un immense point d'interrogation.






Secondes, minutes, heures, mois, années...on compte, on tranche et on divise.
Mais dans quelques heures, l'année décrétée "nouvelle" sera encore et toujours un champ de temps fluide, un espace hanté par tous les jeux aériens, charnels de la lumière. Elle continuera tranquillement et quasi impassiblement à aligner ses saisons, dans toute leur douceur énigmatique...avec le froid tintant et dur, avec la tiédeur qui frissonne...avec la chaleur aussi fruitée, sucrée et acide qu'un nectar d'orange. Avec le ciel, avec la terre, avec le vent et avec l'aube. Avec les pluies qui effacent les étoiles perchées au ciel. Avec les tempêtes qui rauquent, grondent, grincent et mugissent, de tous leurs poumons.
Avec l'éternelle (?), l'impavide succession de décès, de vies, de venues au monde.







Que penser d'une société qui propose pour modèles à ses enfants des mannequins, des chanteuses- strip-teaseuses et des joueurs de football ?







La violence du racisme "ordinaire", c'est aussi de s'entendre, assez abruptement, dire que ta propre sœur n'est pas ta sœur, parce que tu es "blanche" et qu'elle est "noire" (quand ce n'est pas l'inverse). Le racisme sépare arbitrairement, brutalement; il coupe, il tranche dans tout ce qui contrecarre, gêne ses schémas; il va jusqu'à chercher à imposer des divisions et des malaises au plus intime même des familles. Par là, il nie l'existence - si dérangeante pour lui - du mélange. Des "choses" comme ça peuvent être "envoyées", certes, par pure maladresse, par pure ignorance, par pure "panique" face à la complexité et à l'inhabituel. N'empêche qu'elles font mal et qu'elles peuvent mettre les personnes concernées très en colère.






AMOUR.
Un véritable amour, c'est un amour qui est capable de regarder l'autre, l'aimé(e) au plus près de sa totalité.
Aimer quelqu'un uniquement parce qu'on a réussi à projeter sur lui/elle ses propres fantasmes ( tant ceux que la société dans laquelle vous vivez a, de longue date, pré-pensés pour vous que ceux qui vous sont plus profonds, plus personnels) n'aura jamais, du moins à mon sens, quoi que ce soit à voir avec l'amour vrai.
On a beau seriner que ce qui détermine l'attirance amoureuse a beaucoup à voir avec le "mystère", je n'en démordrai point : l'amour convoque également le dévoilement, la proximité. Ceux qui prétendent le contraire le confondent avec la séduction. Serait-ce le signe que nos sociétés d'immédiateté deviennent de plus en plus superficielles ?...
J'ai, pour ma part, connu de très vieux couples dits "fusionnels" où, une fois la femme décédée, l'homme s'apercevait qu'en fait, il ne la connaissait pas.
Eh bien, pour moi, il était tout simplement passé à côté d'elle...
Cela pouvait être en raison d'une sorte d'"accord" inconscient tacite dans lequel chacun trouvait son compte du fait d'un besoin de protéger son "jardin secret". Cela pouvait être à cause d'une volonté inconsciente de la femme elle-même. Cela pouvait être parce que chacun des conjoints, des compagnons, en définitive, se bornait dans le cadre du couple à jouer un rôle complètement stéréotypé (lié aux rôles selon le genre). Cela pouvait résulter de l'égoïsme, de la maladresse, de la misogynie plus ou moins larvée du mari. Ou encore, de mille autres choses...
Pour moi, quelle qu'ait été la raison, je n'associerais jamais ce fonctionnement, en quoi que ce soit, à de l'amour. Car la vraie dimension de l'amour entre deux êtres humains réside dans l'empathie et dans la recherche de communication passionnée, attentive, respectueuse; réelle.
Aimer, c'est se tendre, se mobiliser A L'ECOUTE de l'autre. Comme un radiotélescope tend son oreille immense vers le chant des étoiles. Je le sais bien, ce n'est aisé. Car l'Homme est l'animal le plus complexe qui soit.
Il n'en demeure pas moins que, quand la communication, la connaissance de l'autre reste, à l'intérieur d'un couple d'amants, superficielle et "brouillée", tout au plus peut-on se borner à parler de "contact entre deux épidermes", d'"échange de fluides corporels", ou encore d'une dépendance fortement liée à l'intérêt personnel de ceux qui s'unissent.








VERTIGE.
Dans le prolongement de la physique quantique, on est amené à penser que Dieu s'amuse à souffler un nombre incalculable de bulles à l'intérieur de l'"espace" vide (infini ?). Ces "bulles" sont autant d'univers parmi lesquels on compte le nôtre, et elles ont été matérialisées par autant de big bangs. Dans chacun de ces univers existerait une version différente de chaque être, de chaque phénomène, de chaque processus. Nous existerions donc à une multiplicité d'exemplaires - un peu comme dans un jeu de miroirs géants. Comme si Dieu, en somme, s'amusait à donner corps à tous les possibles, à toutes les variantes, à toutes les expressions, à toutes les évolutions (lesquelles, parfois, tiennent à des modifications infimes, voire imperceptibles, façon "effet papillon").
Rien qu'à "penser" tout ceci, on s'en avise, la tête nous tourne. Le "multivers" nous apparaît d'une richesse incommensurable, surprenante. Quel jeu virtuel !







Ce n'est pas seulement un petit jeu - somme toute facile - avec les lettres qui en arrive à métamorphoser la rumeur en tumeur !







Il n'est pas rare que le monde me paraisse tellement absurde, en fin de compte, que je me mette à rire - très vite, sans plus pouvoir m'arrêter - à la vue de la chose la plus banale, la plus tristement, la plus opaquement anodine.
C'est une façon de réagir qui, au moins, a le mérite de détendre et de vous faire passer un bon moment.







Non, les gens qui ne se lassent pas de pointer du doigt et de critiquer les dysfonctions de ce monde et ses criantes injustices ne sont pas des "rabat-joie", des "bilieux", ni des "frustrés" qui se refusent le laisser-aller au sacro-saint "plaisir"... ils ne sont pas non plus des "demeurés" qui "ne savent pas ce qu'ils perdent" et qui, en attendant, perdent leur temps à penser à autre chose qu'à leur petite personne et à se focaliser sur les profits qu'ils pourraient, en lieu et place, tirer de l'état de ce monde...S'ils se posent des questions, c'est qu'ils refusent de se laisser barbouiller de la merde dans les yeux...parce que le monde est bancal, même s'ils échappent plus ou moins à sa nocivité, par hasard et chance. Ce sont des êtres, simplement, peut-être, plus sensibles, plus empathiques, moins cyniques que la moyenne, dont la faculté d'être sensible au sort de tout ce qui les entoure n'a pas encore été émoussée par l'abrutissement égoïste et jouissif érigé en idéal de vie. 






Un créatif ne doit pas se contenter de traits de craie hâtive.









P. Laranco.
















mercredi 1 janvier 2014

Encore un "dérapage" portant sur la mémoire d'un génocide : SIGNEZ CETTE PÉTITION !



Canal+ doit s'excuser pour avoir profané la mémoire du génocide des tutsis du Rwanda

de Pierre Jean le Goffic
Paris
La chaîne privée Canal + a diffusé vendredi 20 décembre, dans le cadre de son émission phare #DBQT un sketch abject de 7 minutes sur le thème du Génocide perpétré contre les Tutsis. Une telle émission est une honte non seulement pour la chaîne privée et ses dirigeants, mais aussi pour le public qui a applaudi et ri aux provocations obscènes des comédiens.
Le CSA, Conseil supérieur de l'audiovisuel, a pour sa part failli à sa mission en fermant les yeux sur la diffusion d'une telle émission.
Le sketch intitulé  "rendez-vous en parenthèse inattendue" diffusé devant 746.000 téléspectateurs, un record d'audience historique tournait en ridicule les massacres perpétrés contre les Tutsi.
On y entend, entre autres, un comédien chantant une berceuse à son petit frère "Maman a été découpée en morceaux, Papa il lui manque un bras, etc… " Puis c'est à une comédienne de se plaindre "On te dit génocide, génocide, moi je trouve qu'il y a encore un paquet en pleine forme".
Un tel mépris pour les victimes d'un génocide qui a fait plus d'un million de victimes en 100 jours en 1994 ne saurait être toléré.
Exigeons que Canal+ présente officiellement ses excuses à tous ceux pour qui le génocide n'est pas un sujet pour faire rire.
Exigeons également du CSA de reconnaître qu'il a failli à sa mission en laissant diffuser un tel sketch.
Le verbatim complet du sketch peut être trouvé sur :

VARIATIONS ON VORTEXES AND AQUATIC PRINTS, photos by Patricia LARANCO.













AQUATIC PRINTS.

































VORTEXES.



















Photographies : Patricia Laranco
(Tous droits réservés).

LES VŒUX POUR L’ANNÉE NOUVELLE DE LARENCORE.


BONNE ANNEE 2014 
!!

Happy new year !

FELIZ ANO NUEVO !

Banane tou dimoune
!!