Madame, Monsieur,
Pour la première fois, des chercheurs mandatés par POLLINIS ont analysé plus de 20 ans de données portant sur plus de 600 espèces de pollinisateurs dans les parcs nationaux français. Leurs résultats révèlent ce que ces espaces protégés apportent réellement aux abeilles et aux insectes pollinisateurs… Mais aussi leurs limites face à l'effondrement de la biodiversité.
En France, les zones protégées sont conçues comme des réservoirs de biodiversité et bénéficient de règles spécifiques limitant les activités qui y sont autorisées. On y retrouve notamment les parcs nationaux, les parcs naturels régionaux, les réserves naturelles et les sites Natura 2000 (1).
Ces zones sont souvent exclues des études scientifiques sur les populations de pollinisateurs tant elles sont spécifiques… Résultat : l’ampleur de l’effondrement des populations d’insectes est peu documentée dans ces zones protégées !
Et sans chiffres précis, la sixième extinction de masse continue dans l’ombre (2)...
Une faille importante de la connaissance des pollinisateurs enfin comblée.
C’est pour faire la lumière sur cette hécatombe et combler une faille importante sur ce front de recherche que POLLINIS s’est engagée en 2021 dans un projet ambitieux : renforcer les connaissances sur les différentes espèces d’abeilles et d’autres pollinisateurs sauvages qui vivent dans les parcs nationaux français et établir d’urgence un état des lieux de leurs populations... Pour mieux les protéger!
Car on ne protège bien que ce qu’on connaît. Et les défis auxquels les parcs nationaux font face sont aujourd’hui multiples : changement climatique, abandon de surfaces agricoles et pastorales, enfrichement, pression touristique, fragmentation des habitats, pollution, espèces exotiques envahissantes, diminution des moyens accordés à la gestion des parcs (3)... Autant de menaces qui nécessitent une connaissance fine de la biodiversité qui habite ces parcs pour prendre les bonnes décisions au bon moment.
Ces recherches n'auraient pas pu avoir lieu sans le soutien des citoyens, car POLLINIS, pour garder son indépendance et mener ces différents projets de recherche, ne reçoit que des dons de particuliers.
Les parcs nationaux français préservent-ils l’abondance et la diversité des pollinisateurs, essentiels à la biodiversité ? Toutes les espèces sont-elles protégées au même degré ? La protection est-elle aussi efficace en cœur de parc qu’en zone tampon (4) ? L’effet est-il aussi bénéfique pour les zones agricoles alentour ?
Cette connaissance est cruciale car elle répond à des enjeux politiques actuels: l’Union européenne s’est lancée dans un vaste programme de restauration de milieux, avec l’ambition d’augmenter les populations d’insectes pollinisateurs.
Les parcs nationaux au cœur de la bataille pour la biodiversité.
D’ici 2030, les pays européens doivent garantir la présence de 30% d’espaces protégés sur leurs territoires, comme le prévoit le règlement européen de restauration de la nature.
POLLINIS suit la mise en œuvre de ces objectifs pour s’assurer qu’ils soient véritablement atteints.
Aujourd’hui, les recherches de POLLINIS révèlent, pour la première fois, ce que les parcs nationaux peuvent réellement apporter aux pollinisateurs – et ce qu’il reste encore à faire pour en faire de véritables refuges pour la biodiversité !
Pour arriver à ces résultats, POLLINIS a financé le doctorat de George Allen, sous la direction de Ben Woodcock à l’université de Reading (Royaume-Uni). Plusieurs années de recherches et d’observations dans différents parcs nationaux français ont été nécessaires à ce spécialiste de l’écologie des pollinisateurs pour nous livrer de premières données et analyses.
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