Une pratique alternative aux pesticides représente un réel espoir pour la transition agricole et elle est au centre du projet DURABICs :
La lutte biologique par conservation.
Elle favorise les organismes qui sont les ennemis naturels des espèces qui peuvent poser problème aux cultures : des « mauvaises herbes », des champignons pathogènes ou certains insectes.
Comme les coccinelles qui se nourrissent des pucerons – qui peuvent faire des ravages sur les plantes – et limitent naturellement leur présence.
Pour attirer ces alliés naturels et leur permettre de réguler les ravageurs, il faut leur fournir les ressources dont ils ont besoin : pollen, nectar, proies, habitats, etc.
Certaines méthodes sont déjà éprouvées, comme la conservation et l’aménagement de haies, de fossés, de jachères et de bandes fleuries à proximité des parcelles cultivées.
Il s’agit de faire avec la nature, plutôt que d’utiliser des pesticides chimiques qui détruisent tout sur leur passage, y compris les espèces bénéfiques comme les pollinisateurs, les vers de terre ou certains champignons.
Cette méthode présente un très grand nombre d’avantages.
Elle protège les cultures sans obliger les agriculteurs à manipuler des produits souvent hautement toxiques.
Elle est ciblée et sans risque pour les pollinisateurs, car les auxiliaires s’attaquent à certaines espèces et sont à leur tour régulés par d’autres.
Elle ne favorise pas l’apparition de résistances, contrairement aux pesticides chimiques qui finissent par favoriser le développement des populations de ravageurs capables de leur résister.
Elle n’oblige pas les agriculteurs à acheter au prix fort des pesticides à des multinationales aux techniques commerciales toujours plus rodées.
Elle est aussi très utile pour protéger les cultures du manque d’eau lors des sécheresses et des canicules !
Pourtant, la lutte biologique par conservation reste encore largement dans l’ombre.
Les agriculteurs l’ont utilisée pendant des siècles…
… mais nous ne savons pas combien l’emploient encore aujourd’hui et comment elle a été améliorée par leurs observations !
Il n’existe aucune statistique en France sur son utilisation et elle n’est pas non plus définie dans le droit !
Des succès sont documentés scientifiquement depuis des décennies (26), mais nous ignorons à quel point et comment ils pourraient être répliqués sur tous les territoires.
Une zone d’ombre scientifique que notre équipe fera tout pour éclairer en soutenant l’association EAT et le projet DURABICs.
L’association EAT va recenser les pratiques qui existent déjà partout sur nos territoires, montrer leur valeur pour la biodiversité et l'économie et les partager au plus grand nombre pour pousser les décideurs à les soutenir.
Le besoin est immense.
Les agriculteurs qui expérimentent ces méthodes investissent beaucoup de temps et de ressources pour trouver les solutions les mieux adaptées à leurs parcelles. Et leurs choix peuvent avoir un énorme impact sur leur rendement s’ils se révèlent mal adaptés.
Ils prennent des risques pour aller vers des pratiques agricoles qui bénéficient à tous.
C’est pourquoi ils doivent être soutenus.
L’Etat doit leur apporter un soutien financier pour qu’ils testent des pratiques bénéfiques pour la biodiversité et la santé sans mettre en danger l’équilibre économique de leur ferme.
Les techniciens et agronomes doivent avoir les connaissances naturalistes et agronomiques nécessaires pour les conseiller sur les méthodes les plus adaptées à chaque problématique (27).
La recherche publique et privée doivent innover pour trouver de nouvelles solutions, car l’agriculture est en constante évolution.
Nous en sommes encore loin (28).
La recherche, la formation et le conseil sont complètement noyautés par l’agrochimie et l’agro-industrie.
La plupart de ceux qui accompagnent les agriculteurs (formateurs, conseillers techniques, fournisseurs d’équipements ou de semences) sont aujourd’hui organisés autour de la production, de la distribution et de l’utilisation de produits chimiques.
Depuis les champs jusqu’aux politiques publiques, le réflexe reste le même : face à un insecte jugé nuisible, on cherche le produit qui le fera disparaître quitte à tout détruire, plutôt que les moyens de l’empêcher de proliférer en utilisant les équilibres naturels (29)(30).
L’écosystème, détraqué, ne parvient plus à se défendre seul. Il faut alors utiliser d’autres produits, toujours plus puissants et encore plus souvent.
L’agriculture biologique résiste à cette tendance au prix d’efforts considérables et grâce au soutien de consommateurs engagés.
Nous ne pouvons plus attendre.
Les agriculteurs doivent recevoir un maximum de soutien pour cultiver la terre sans tuer le Vivant dont ils dépendent !
S’il vous plaît, aidez-nous en faisant un don pour financer ce projet de soutien à la lutte biologique par conservation, pour les abeilles et tous les pollinisateurs indispensables à notre survie. |