jeudi 3 avril 2014

A découvrir : le BLOG de la peintre indienne Anushiree PANDEY.

ARTS BY ANUSHIREE







http://anushireepandey.blogspot.fr/

Un texte de Umar TIMOL (Île Maurice).

Quelqu’un lui a un jour reproché de se complaire dans la souffrance. Elle n’a pas su quoi lui répondre. Est-ce une complaisance que cet enlisement dans la chair, que ce corps recroquevillé sur son lit, que ces larmes qui épuisent sa peau, que ce sentiment de non-être ? Sans doute pour ceux qui n’y comprennent rien. Pour ceux dont la souffrance est passagère. Pour ceux qui s’en remettent aussitôt et qui oublient. La souffrance n’est pas un choix, elle est une force qui surgit du plus loin, qui s’empare d’elle et qui en fait son pantin. Qui peut à loisir la déchiqueter. Et qui la rend à la plus parfaite impuissance.

Pauvre petit pantin. Minable petit pantin.

Elle ne s’en libérera qu’en détruisant cette conscience faite de sa matière.

Elle sait que la véritable complaisance est de vivre à la surface des choses, vivre sans se poser de questions, vivre sans s’exercer à la lucidité, vivre sans confronter son néant, vivre sans vouloir la transcendance inquiète de l’instant, vivre sans désirer un au-delà qui toujours fuit, vivre sans incarner dans son corps le malheur de tous les êtres, vivre sans scruter sa part d’ombre, vivre sans accorder de légitimité à la folie en soi, vivre sans vivre.

La souffrance en est le prix. Sans doute. Mais elle n’a pas su quoi lui répondre, ce jour-là.




Umar TIMOL.

Lecture (sociologie, histoire) : Michel WINOCK : « PARLEZ-MOI DE LA FRANCE », Perrin, 2010.


Un pays profondément marqué par la religion catholique, par Louis XIV et l’ « étiquette de Versailles », par Napoléon et par Charles De Gaulle.
En bref, par le poids – passablement écrasant – de son Histoire.
Un pays frondeur, mais voué à la hantise des divisions et  donc, conservateur, plus ou moins secrètement attaché à la figure-objet de culte du chef-père et aux hiérarchies, au marquage tatillon des « rangs ». Un pays cependant égalitariste, avec son idéal très petit-bourgeois du  «  petit propriétaire », du « petit commerçant », du « petit paysan » (mon dieu, que de « petits » !) qui s’en tient à son propre « jardin » et le « cultive », mais en y tenant comme à la prunelle de ses yeux.
Un pays où les gens entretiennent, communément, des rapports très conflictuels : Les Français ne s’aiment pas entre eux, mais ils aiment la France. Ils n’ont souvent qu’une médiocre considération pour leurs voisins, ils se dénigrent, ils se livrent des guerres cruelles, mais tout le mal qu’ils peuvent penser les uns des autres ne les empêche pas de vénérer cette substance platonicienne appelée « France », comme si elle était une personne à la fois vivante et immatérielle.
Un pays d’ « intellos » rigides, qui se signalent par un très grand attachement aux principes et aux « idées », aux abstractions qui sont, selon eux, susceptibles de faire plier le monde (la France n’est-elle pas déjà, en elle-même,  une idée ?).
Un pays au passé substantiellement guerrier,  façonné par l’épée  autant qu’il le fut par la volonté.
Un pays qui, au fond, peine à accommoder la démocratie à sa propre sauce viscéralement étatique, centralisatrice et méfiante à l’endroit de toutes les formes de la pluralité.
Un pays à l’idéal autarcique, centré sur lui-même et sur sa propre culture au point d’oublier volontiers que le reste du monde existe – ou de le rejeter de façon passablement xénophobe :   Nos habitudes mentales sont encore terriblement francocentristes, alors que l’interdépendance des états et des peuples se renforce chaque jour.
Un pays néanmoins  missionnaire  dans l’âme, hautement convaincu de sa vocation universaliste de vecteur de civilisation, laquelle valut au monde tant les Guerres napoléoniennes que l’  entreprise coloniale  telle qu’elle fut pensée par un Jules Ferry, ainsi que par toute une « pensée de gauche ».
Historien de formation, convaincu que qui ignore l’Histoire (même ancienne), qui ignore la pesanteur du substrat et du terreau qu’elle représente, ignore le monde tel qu’il existe sous nos yeux, en ce moment même, Michel WINOCK nous « explique » la France, son pays, en long, en large et en travers. Il nous aide à mieux comprendre l’essence, l’âme du peuple français.
Le portrait qu’il dresse, souvent contradictoire et ambigu (mais cela ne nous étonnera pas…), balancé entre réelles idées généreuses et réflexes « terriens » millénaires d’hostilité, de repli, de fermeture à l’autre, est celui d’une vieille contrée où le passé et le présent, encore aujourd’hui, semblent sans cesse s’entrecroiser, se répondre et qui, au plus intime, au plus profond d’elle parait bouillir de colère, ou, quand ce n’est pas ça, s’abandonner à la sinistrose la plus totale du fait de sa  splendeur perdue .
Car il faut bien en convenir, la France est à l’heure qu’il est un peu à la croisée des chemins.  Et sa  mémoire lourde , tout autant que son incorrigible  dolorisme  érigé quasiment au rang de tic, l’handicapent singulièrement :  En prenant du recul, nous pouvons parler d’un pessimisme historique, nourri par une réalité plus ou moins consciente, un sentiment de dégradation nationale. S’il fallait en fixer un repère chronologique,  sans doute faudrait-il remonter aux journées noires de mai-juin 1940. Une défaite militaire d’autant plus cruelle qu’inattendue : ne disait-on pas que l’armée française était la meilleure du monde ? Ce fut un traumatisme […]. Le régime rétrograde de Pétain, la collaboration d’Etat avec l’Allemagne nazie, la guerre entre Français au cœur de la guerre mondiale, toute cette phase tragique de notre histoire a laissé des traces profondes : les Français ont pris conscience que leur pays était devenu une puissance de second rang. La comparaison entre le passé éclatant d’une France qui dominait ou faisait jeu égal avec les grandes puissances et le pays vaincu et humilié de 1940 a instillé durablement le doute dans la conscience nationale […] De Gaulle avait tenté, au prix de quelques mensonges par omission, de remettre la France sur la selle de la grandeur […]. Après 1958, un embellie dura quelques années : la fin de la décolonisation, la croissance renouvelée [ des « Trente glorieuses »] et le nouveau franc, l’armement nucléaire, l’indépendance de la diplomatie, la modernisation accélérée du vieux pays…Oui, « c’est beau, c’est grand, c’est généreux, la France ». Mais ces mots-là sont vite devenus obsolètes et incongrus.
Outre ces événements, la guerre d’Indochine et Diên Biên Phu, la guerre d’Algérie et le fiasco politique de l’expédition de Suez en 1956, l’exil des pieds-noirs, le lâchage des harkis, un autre facteur a certainement contribué à alimenter le pessimisme : l’échec répété de la gauche, qui portait l’espérance socialiste [ plus ou moins « révolutionnaire » ]. L’effondrement du Parti communiste, si puissant au lendemain de la Libération, l’échec du socialisme. Dans les pays socio-démocrates, on n’avait pas promis la « rupture avec le capitalisme » ; en France, la tradition révolutionnaire avait entretenu l’espoir du « monde meilleur ». Il a fallu s’y résigner, surtout après la chute du mur de Berlin et la fin de l’URSS […]. 
En effet. L’identité française, c’est celle du « Pays de la Révolution ». Cela donne seul à la France une légitimité à se poser en « instituteur universel », à se donner pour modèle, à se revendiquer en tant que l’ « exception française ».
Terrienne par nature, la France est aussi lourde à bouger que les sillons de sa glèbe. Excessivement attachée aux principes, aux dogmes et autres idéaux (c’est là son héritage catholique), elle se montre en général, assez modérément portée au pragmatisme.
A l’instar de maints autres ouvrages publiés actuellement, ce livre pointe, en définitive, chez elle,  le malaise de la conscience nationale d’un pays emporté dans le torrent de la mondialisation , et dépouillé par cette dernière de son rôle, donc de ses repères traditionnels.
Il est toujours très difficile de descendre d’un quelconque piédestal. Et il est encore plus difficile, peut-être, de réagir convenablement aux grandes mutations.
Alors, la France s’enfonce dans l’insatisfaction et dans la plainte. De plus en plus, elle donne l’image d’un pays à vif, et plutôt aigri. Avec, à la clé, le risque de voir resurgir de bien vieux, de bien archaïques démons.
Comment passer d’une mentalité de peuple dominant, avec l’autosatisfaction voire la morgue que cela comporte, à un état d’esprit plus en rapport avec ce qu’est à l’heure qu’il est le monde réel à savoir un monde régi par une « mondialisation » qui n’est pas, qui n’est plus française, par un processus que la France ne contrôle plus, ni n’initie plus, sur lequel elle n’imprime désormais plus, de quelque façon que ce soit, sa marque  ?
Dur devoir de reprogrammation !



P. Laranco.

mercredi 2 avril 2014

Samedi prochain, à l'Ecole du Nord de Mapou (Maurice), une PIÈCE DE THÉÂTRE DE MARIONNETTES.




SAMEDI 05 AVRIL 2014,


à 20h


à l'ECOLE DU NORD,
Village Labourdonnais,
MAPOU,
Mauritius

l'INSTITUT FRANÇAIS DE MAURICE
et le
THÉÂTRE DES ALBERTS
vous convient à
UNE PIÈCE DE THÉÂTRE DE MARIONNETTES,

Théodore,
le
passager
du
rêve





MISE EN SCÈNE : Eric DOMENICONE ;



AVEC  :

Sébastien DEROI

Stéphane DESLANDES

Sylvie ESPERANCE

Aurélia MOYNOT























Le chef de gare du quai 19 de la gare ouest des Rêves est une vielle chouette qui se nomme Aristophane et qui va guider Théodore vers son rêve merveilleux. Embarquez avec eux pour une aventure féerique peuplée de créatures étranges : un papillon gardien de phare, un collectionneur d’objets perdus, un amateur de jeux de mots, un porte-manteau jovial ! 
Attention, cher spectateur, avant qu’on ne siffle le départ, certitudes, vérités et principes devront être déposés à la consigne de la gare !





Après le succès des Cartographies de Frédéric Ferrer en octobre dernier, l’IFM repart dans le Nord et vous propose avec l’Ecole du Nord ce petit bijou du théâtre de marionnettes qui vous promet un voyage onirique, fantastique et surréaliste. 

C'était hier soir, à MONTROUGE (France), à nouveau autour de l'anthologie POÉSIE FÉMININE CONTEMPORAINE DE LANGUE FRANÇAISE de Jean-Claude ROSSIGNOL.

Hier au soir, à savoir mardi 1er avril 2014, dans les modernes locaux de la MAISON DES ASSOCIATIONS de MONTROUGE (France) et à l'invitation de l'association artistique locale   VOIX TISSEES , se déroula un nouvelle manifestation poétique autour de l'anthologie POÉSIE FÉMININE CONTEMPORAINE DE LANGUE FRANÇAISE publiée, fin 2012, par  Jean-Claude ROSSIGNOL en hommage à sa regrettée compagne, responsable avec lui de l'association et de l'entreprise de promotion de l'écriture poétique féminine LES MESSAGÈRES DU POÈME, Christiane LAÏFAOUI.
En dépit d'un public que l'on aurait peut-être souhaité un peu plus nombreux, ce fut une rencontre très conviviale et, de surcroît, ponctuée par des instruments de musique assez peu courants...





Le Printemps...des Poètes !









La sympathique Martine RIGO-SASTRE, responsable de l'association invitante, VOIX TISSÉES, présente Jean-Claude ROSSIGNOL,de l'association  LES MESSAGÈRES DU POÈME et ouvre la séance.








LE PUBLIC.






















 Martine RIGO-SASTRE, en train de lire un poème de Marie SUNAHARA (poétesse japonaise) figurant dans l'anthologie  POÉSIE FÉMININE CONTEMPORAINE DE LANGUE FRANÇAISE.









 A l'extrême gauche, un tout jeune homme est venu dire un poème en langue créole des Antilles françaises, accompagné par l'instrument de la dame qui se tient au milieu.








 A gauche,  Martine RIGO-SASTRE; à droite, Jean-Claude ROSSIGNOL en train de présenter l'historique de son anthologie, de parler de la sous-représentation des femmes dans l'édition poétique française et d'expliquer sa démarche.








 A droite, la poétesse franco-mauricienne Patricia LARANCO, en train de lire un poème de Ananda Devi puisé dans une des autres anthologies publiées par LES MESSAGÈRES DU POÈME, Tisser des voix contre le silence.




Accompagnée au Didjeridoo australien, Patricia LARANCO lit un de ses propres poèmes.










Egalement accompagnée au Didjeridoo, mais assise, la poétesse française Francine CARON déclame une de ses œuvres.











De gauche à droite, Martine RIGO-SASTRE et la poétesse française Rébecca GRUEL.










De droite à gauche, Jean-Claude ROSSIGNOL et l'écrivaine française Victoria THERAME en train de lire l'un de ses textes.



Victoria THERAME.











Venue en spectatrice, la poétesse Jacqueline PERSINI-PANORIAS a accepté de dire un texte.






















































Photographies : Patricia LARANCO et Jacqueline PERSINI-PANORIAS 
(Tous droits réservés)


mardi 1 avril 2014

C'était samedi dernier, à Creil (France), autour de l’ANTHOLOGIE DE POÉSIE FÉMININE CONTEMPORAINE DE LANGUE FRANÇAISE de Jean-Claude ROSSIGNOL.

C'était samedi dernier, le 29 mars 2014,  dans la Salle de la manufacture de LA FAÏENCERIE, à CREIL (France), lors du 3E FESTIVAL DE POÉSIE DE LA VILLE DE CREIL, qui se déroula toute la journée durant. Il y avait un stand "tout feu-tout femmes", que tinrent Jean-Claude Rossignol, auteur d'une anthologie de poésie féminine francophone contemporaine publiée en 2012, ainsi que plusieurs des femmes-poètes publiées dans ladite anthologie.


Le stand des EDITIONS RACINE, éditeur de l’ANTHOLOGIE DE POÉSIE FÉMININE CONTEMPORAINE DE LANGUE FRANÇAISE réalisée, pour LES MESSAGÈRES DU POÈME, par Jean-Claude ROSSIGNOL; de gauche à droite, Rébecca GRUEL, Victoria THERAME, Maggy DE COSTER (debout), Jean-Claude ROSSIGNOL, Francine CARON et Bojena ORSZULAK.








Trois des poétesses participantes à l'anthologie des MESSAGÈRES DU POÈME autour de son instigateur et coordinateur Jean-Claude ROSSIGNOL: de gauche à droite, Francine CARON , Bojena ORSZULAK (debout) et Maggy DE COSTER.






La poétesse haïtienne Maggy DE COSTER dédicace un exemplaire de l'anthologie.






A l'extrême gauche et au milieu : les poétesses Francine CARON et Maggy DE COSTER.
















































Crédit photo : Maggy DE COSTER.



Un poème de Patricia LARANCO : CET AIR DE MARVIN (en hommage).

Image de Marvin Gaye

Cet air de Marvin,
qui ne quitte pas le fond de ma tête,
comme inséré à la trame de ma journée...

ces quelques notes, ces quelques rythmes entêtants
qui me parlent de Californie
et de danse,
qui ressuscitent
ma jeunesse évaporée...

cette mélodie sirupeuse, par fragments
comme une vaporisation de poudre d'or,
avec ses paillettes d'aventure et d'amour
qui je le sens me suivra
du soir au matin
en toile de fond d'un jour de printemps pensif

que penser de sa façon de se répéter,
de quoi est-elle l'écho lointain,
le palimpseste ?

Patricia Laranco.