Accidents de mémoire, désastres de l’imagination, j’écris un vécu intime et discordant, pauvre miroir de tant de vies. Retremper le vécu pour le déguiser et le renouveler ; imaginer hier pour risquer demain.
Insolite tentative pour exprimer les précieuses combinaisons d’étonnements et de déceptions, de doute et de bonheur, de trouvailles et de remèdes qui émaillent nos jours.
Instantanés fixés aux mots. Matière première d’un verbe fuyard et inconstant : ça se flatte de retenir la fugacité de tous les maintenant qui tissent une existence.
Et si mon langage ne sourit pas, c’est qu’il n’a pas appris à se déguiser ; il n’improvise que ce qui l’appelle. Jamais son temps n’est assez léger pour cacher une ombre de mélancolie. Et pourtant il s’ingénie à la leçon de l’aveu.
Tresser le dire pour en composer la terre ferme et tangible d’un temps qui coule obstinément, de toutes ces franges d’instants qui nous révèlent à l’expérience du réel et aux limites de la plénitude, voilà peut-être toute ma cure.
Edith BERTHUIT.
2018.
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