ESPACES DE VIE.
Un enfant court
L'aube de la vie brille sur son visage
Il court sur les berges fleuries
De l'innocence
Piaillant chantant dansant
La Rêverie lui ouvre ses bras de matin frais
Chargés d'étoiles qui pâlissent
Il court sur les sentiers lumineux
De l'inconnu
Dansant chantant piaillant
Il écoute une aubade de serins
Il vit de la couleur des champs
Et des fables
Et la crédulité a dans sa bouche
Saveur d'aube
Un vieillard passe
Le visage éteint ou presque
Comme un crépuscule qui jette un dernier rayon
Il avance en tâtonnant
Dans le clair-obscur de son trajet
Sa voix presque éteinte
Émet quelques grognements
Ses visions n'ont d'autres couleurs
Que celles de la nuit
Qui épaissit le crépuscule
Il songe à l'inconnu avec effroi
Parce que sa voix ne chante plus
Sa vue n'enserre qu'un enclos de grisaille
Il ne sent même pas les ronces sous ses pieds
Et lentement il chemine
Sur des berges déflorées d'illusions
Vers le crépuscule de l'oubli
L'existence est un fleuve qui court
Entre deux berges
De raison sommeilleuse.
Sylvestre LE BON.
In Ballades d'ici et d'ailleurs, Éditions A3, Ivry-sur-Seine (France), 2004.
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