dimanche 7 juin 2026

Un texte du poète mauricien Gillian GENEVIEVE.

 





Ces mots que je rangerai dans un tiroir, je te les ai volés cette après-midi alors que je marchais dans ton sillage entre les rayons d’un supermarché de la ville.

J’étais porté par le vertige de te revoir après si longtemps. Mais tu n’en sauras jamais rien. À quoi bon d’ailleurs. Je me perds souvent ainsi dans des rêves inutiles pour parer à l’ennui, au temps et à ce vide qui me mutile.

Mais pourtant, ce soir, je sais que la solitude n’est pas responsable de ces coupables pensées. Je cherchais, comme chaque jour, l’inespéré et, au carrefour du hasard et de cette nuit d’hiver, je t’ai retrouvée.

Ces mots que je rangerai dans un tiroir me diront un jour, alors que je m’apprêterai à jeter au feu mes carnets et mes écrits, à quel point, entre les rayons de ce supermarché, tu étais belle dans ce tailleur noir.




















Gillian GENEVIEVE.















































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