jeudi 2 juillet 2026

Un texte de Patricia LARANCO (Maurice/France).

 




Cette nuit, la chaleur reflue. Du coup, je ne peux pas dormir.
Je dirais même "Je ne VEUX pas dormir."
Je veux profiter de cet air, qui s'allège. Qui tombe à 21 degrés. De ma peau, libérée de cette poisse. De cette sensation d'être engluée. Corsetée dans une sorte de vernis. Qui colle mes vêtements à ma chair. Comme un catafalque de résine.
Je ne pense qu'à profiter de ce vent. Qui, par instants, baffe les persiennes. Roule des objets dans la cour. Bouscule quelques pots de fleurs, et les renverse de leurs (hautes) fenêtres.
L'air se promène sur mes jambes nues, immobiles sur le drap encore moite. Quelle vivacité merveilleuse !
Elle me fait penser à un ruisseau. A un courant. A un torrent.
Je ferme les yeux, et je l'identifie à un ru de montagne, capable de chasser tout. De nous débarrasser - enfin ! - de toutes les entraves du monde.
Je le reçois comme une sorte de purification. Avec gratitude.
C'est décidé : ma nuit sera peut être blanche, et puis, après ?
Je VEUX m'enivrer à plein de toutes ces perceptions. Qui me libèrent. Qui me nettoient, comme, à mes yeux, elles nettoient le monde entier.
Vade retro, canicula !















Patricia Laranco.
(Nuit entre le 26 et le 27 juin 2026).








































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