jeudi 5 novembre 2026

France (FOODWATCH FRANCE) : 🤔 Qui DECIDE VRAIMENT de ce qu’on trouve dans nos assiettes ?

 





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Bonjour, 



Quoi de pire que de priver des millions de personnes de leur droit Ă  une alimentation saine, choisie, durable ? Leur faire croire qu’elles sont responsables de cette injustice. Les culpabiliser de ne pas faire les bons choix, alors mĂŞme que ces choix leur sont trop souvent inaccessibles.

🔀 Une stratégie de diversion

La rhĂ©torique de la responsabilitĂ© individuelle pour faire Ă©cran de fumĂ©e n’est pas nouvelle. Vous entendez la petite musique sur les consomm’acteurs ? C’est celle qui est parfois utilisĂ©e pour vous faire porter le chapeau : il y a trop de gens qui consomment de la malbouffe ? C’est parce qu’ils font les mauvais choix ! Les agricultrices et agriculteurs n’arrivent pas Ă  vivre dignement de leur production ? C’est parce que les consommateurs et consommatrices exigent une alimentation Ă  prix abordable !

Bien sĂ»r que non... Le problème n’est pas ce que les gens veulent manger, mais ce qu’ils peuvent manger. Trop de personnes sont confrontĂ©es Ă  la malbouffe parce qu’elles n’ont pas vraiment le choix dans la jungle d’une offre alimentaire dĂ©sĂ©quilibrĂ©e, opaque et dĂ©lĂ©tère. Et trop d’agricultrices et d’agriculteurs n’arrivent pas Ă  vivre dignement de leur production, victimes Ă©galement d'un système qui pĂ©nalise Ă  la fois les personnes qui produisent et celles qui se nourrissent. Mais qui est vraiment responsable ?

Rappelons-le pour prendre la mesure de la situation : ce sont quelques gĂ©ants de l’industrie agroalimentaires et de la grande distribution qui dictent les règles du jeu. Quand on sait que les cinq principales enseignes – E. Leclerc, IntermarchĂ©, Auchan, Carrefour et CoopĂ©rative U – contrĂ´lent 80% du marchĂ©, on a compris que ce sont eux qui dĂ©cident ce que l’on trouve dans les rayons alimentaires – ou pas – et Ă  quel prix.

🛒Offre imposée, choix limité

RĂ©sultat, que trouve-t-on dans les rayons ? Une partie prĂ©pondĂ©rante sont des produits ultra-transformĂ©s et des aliments trop sucrĂ©s, trop gras, trop salĂ©s. Des produits aux emballages qui manquent de transparence, voire nous induisent en erreur. Des produits mis en avant par des stratĂ©gies marketing qui font la part belle Ă  la malbouffe, particulièrement auprès des plus jeunes.

Et que dire de l’opacitĂ© des prix ? Quelle part revient aux producteurs et productrices ? Quelle part est captĂ©e par les industriels, les intermĂ©diaires et les distributeurs ? Difficile de le savoir. Une opacitĂ© qui masque une tendance injuste de la grande distribution Ă  appliquer des marges plus importantes sur les produits les plus sains et durables, Ă  commencer par les fruits et lĂ©gumes et les produits bio. 

Ainsi, ils privent mécaniquement et sciemment des millions de personnes de pouvoir accéder à ces aliments, pourtant essentiels. Et cela, sans pour autant rémunérer correctement les agricultrices et agriculteurs.

Par exemple, entre 2021 et 2023, les fruits et lĂ©gumes frais ont Ă©tĂ© vendus 12,5 milliards d’euros par les producteurs. Les consommateurs les ont achetĂ©s 22,7 milliards d’euros, sans transformation industrielle, selon le Centre Technique Interprofessionnel des Fruits et LĂ©gumes. Et qui sont les gagnants ?

Double peine

Pendant ce temps, des produits d’appel, trop souvent synonymes de malbouffe, sont maintenus Ă  bas prix : des produits ultra-transformĂ©s, riches en matières grasses, en sucres ajoutĂ©s, en sel. En bref : de vĂ©ritables bombes Ă  retardement caloriques, addictives, appauvries en fibres, en vitamines et en minĂ©raux. Rappelez-vous, en mai 2025 foodwatch avait menĂ© l’enquĂŞte sur 5000 promotions en supermarchĂ©s et rĂ©vĂ©lĂ© que 66% d’entre elles portaient sur des produits contraires aux recommandations de santĂ© publique.

Et on le sait : le manque d’accès Ă  des aliments sains et l’encouragement constant Ă  consommer des produits mauvais pour la santĂ© contribuent Ă  l’augmentation des maladies chroniques. Cette injustice a un coĂ»t humain intolĂ©rable, doublĂ© d’un coĂ»t Ă©conomique exorbitant qui fragilise notre système de santĂ©.

Alors oui, bien sĂ»r que si nous en avons les moyens, nous avons plus de marge de manĹ“uvre pour faire le choix d’une alimentation de qualitĂ© et durable, encourager ces filières ainsi que des prix plus justes pour les producteurs et productrices. Mais malheureusement, quand on a un budget limitĂ© – ce qui est le cas d’un nombre croissant de Français·es – il est aujourd’hui très difficile de parler de choix.

✊ Reprenons le pouvoir sur ce que nous mangeons !

Ce n’est pas normal de ne pas pouvoir s’acheter des produits sains et durables. Et il est intolĂ©rable de faire porter le chapeau aux consommatrices et consommateurs, dans un système dominĂ© par l’offre des supermarchĂ©s dont les rayons mĂŞlent règne de la dĂ©sinformation et valse des prix opaques.

C’est pour faire entendre ces injustices et dĂ©fendre des changements structurels que depuis plus de 10 ans, avec le soutien de milliers de citoyennes et citoyens, foodwatch agit, avec pour seule boussole l’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral. Et nous avons besoin de vous : pour garantir notre libertĂ© d’enquĂŞte, d’action et de ton, foodwatch refuse toute subvention publique et tout don d’entreprise.

Vos dons nous permettent de poursuivre nos investigations, de pointer du doigt les pratiques abusives, de tenir tĂŞte aux lobbies de l'agroalimentaire, d’interpeller les pouvoirs publics pour qu’ils agissent pour notre santĂ© et notre pouvoir d’achat, jusqu’Ă  obtenir des changements concrets.

Si vous ĂŞtes imposable, 66% de votre don est dĂ©ductible de vos impĂ´ts, dans la limite de 20% de votre revenu imposable ; un don de 100 € ne vous coĂ»te rĂ©ellement que 34 €. Et pour une dĂ©duction sur votre impĂ´t sur le revenu 2026, vous avez jusqu’au 31 dĂ©cembre pour faire un don.

Nous en avons la conviction : c’est ensemble, en unissant nos voix, que nous avons le pouvoir de nous faire entendre. Parce que l'accès Ă  une alimentation saine, choisie et durable ne doit pas ĂŞtre un privilège, mais un droit.

Merci pour votre confiance, on continue ensemble ! Ă€ très bientĂ´t,




Karine Jacquemart

Directrice Générale de foodwatch France.























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