pour qu’après l’orage
les pas du promeneur
sautillant dans la glaise
ne soient pas insolites
qu’aucun vide ne demeure
si ce n’est l’espace
entre deux pousses de blé
deux éclosions de miroirs
qu’un suaire ne soit tendu
à la beauté
que la frénésie des doigts
près des visages
étanches
n’enclenche l’avalanche des eaux
jusqu’à l’anse de tes hanches
s’il n’y a plus d’air
plus de pain ni d’ail
volerais-je au ciel
lueurs et couleurs
en collines d’émeraude
pour chaque fille de la nuit
debout je suis asymétrique face au vent
un voilier qui tangue dans l’ouragan des sens
le vacarme de nos cœurs
sillonne l’âtre
semblable à l’estuaire
le retentissement des sirènes
provoqué par le Nord
quel chaos quelle huée
je flirte avec la mort
des cigales plein les poches
j’avale des cailloux
je cache sous l’os dur
ma pudeur endémique
pour courir avant l’aube
te chercher dans les nuages
aucune main refroidie
n’exaltera mes ronces
aucun sourire taquin
quand l’encre est desséchée
le feu d’une idylle me consume
magma solstice voiliers
aucun écho aucun désir aucun murmure
ne peut m’ensevelir
je nais de la marge
dessinant des ellipses
en guise de sémaphore
métamorphosé à chaque instant
dans la fulgurance d’un verbe de proximité
quand je tends une joue au soleil
la lune me caresse l’autre
parfois exténué
par ma propre douceur
ou enlisé dans l’éloquence du crépuscule
je noue le mystère
aux arômes des adieux
traversant seul
le paysage abstrait
de l’humaine confrérie
Jean-Yves METELLUS.
Juin 2026.
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