JARDIN TRISTE.
à Roselyne Lauret.
Pierres, arbres brisés, dénudés
Doux pâturage exhalant un parfum d'abandon
Voici mes plaintes
Mes pleurs déposés à vos pieds
Moulés dans des vers de terre
Et de ciel bleu
Joyeux passants flâneurs distraits
Vos lointaines rumeurs
N'apaiseront point celle
De ce triste ru qui coule
Venez vous étendre dans les bras du silence
Ce breuvage des rêveurs
Ici point de saisons l'amour
Arbore un visage de venelle déserte
Oh ! des nuages courent
Couleur de sable terreux d'eau sale
Ils courent sur des monts de vœux
Inexaucés
Un vide immense....
La chape grise du ciel
À porter sur les épaules
Et le grand vide s'installe en moi
Comme une tempête qui souffle, souffle
Je marche vers un astre obscur
Psyché méconnaissable
Je regarde une dentelle d'aurore
Dégoulinant d'un timide rayon solaire
Le vent charrie une photo chère et blêmissante
Dans la danse des pollens.
Sylvestre LE BON.
In Ballades d'ici et d'ailleurs, Éditions A3, Ivry-sur-Seine, 2004.
Crédit photo : Marilyne LE BON.
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