lundi 1 août 2022

Un autre texte, hivernal, du Mauricien Gillian GENEVIÈVE.

 

 

 

J’ai posé mon livre, ma plume, mes lunettes à côté de moi, j’ai fermé les yeux pour déambuler, au gré de l’imaginaire et de la rêverie, sur les rives de l’écrit, mais j’ai fini par m’endormir.

Le silence a pris la couleur de la mer. Celle habillée de gris par le ciel sans soleil d’une journée prise dans les aléas de l’hiver.

A midi, j’ai ouvert les yeux, mais je n’avais toujours rien à dire : dimanche était muet et je m’en faisais l’écho.

Aujourd’hui, pas de poème. Juste le récit d’un soleil absent et de ces quelques mots oubliés sur le chemin de la solitude.

Mais, demain, je retrouverai une plume et mon carnet. J’écrirai alors, malgré le froid et le crachin venu des nuages, les couleurs du jour et le secret de l’éternel présent.

Je perdrai la mémoire, je nierai la possibilité de l’espérance et je tremperai ma plume dans l’encre extraite des rencontres et du hasard.

Je ne serai plus alors à l’abri de l’averse. Des larmes et des mots.

Mais je les attendrai. Sans tristesse particulière. Résigné à l’écriture. Pour raturer le temps et la page blanche.

Mon carnet à la main, je ferai face au soleil et je ne serai plus qu’ombre et souvenir.

Avant de rejoindre la nuit.

 

 

 

 

 

 

 

Gillian GENEVIÈVE.









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