LE MUR DES LAMENTATIONS.
à Umar Timol.
Blêmi par la morsure du soleil
Il reste impassible, le mur
Dans son châle en lambeaux de larmes
Une avancée comme un bras de mer
Sur l’estuaire des regards brouillés
Et des voix tues
Il ceint désormais un domaine
De bruyères et de ruines, le mur
Ayant désappris la rumeur du bon voisinage
Qui, à l’aube, déferlait sur sa ligne
En dentelles d’écume
Oh ! que bruyères et ruines
Comme une coiffe sur des parfums égarés
Désormais un banc calcaire dans l’éclat du jour
Ils sont quelques oisifs à y faire halte
Ivrognes, paumés, matelots retraités, vieillards
Au regard de croquis d’enfant et l’accent
A pelleter le sable
Rien qu’une halte pour ceux-là
Même pas servis par l’obole d’un sourire
Qui se souvient encore
Des jeux, des rires, du temps
Å câliner comme un accordéon
Des cases dans une immense accolade
De fratrie tue
Des regards distraits qui se détournent
Du domaine en apprêt d’herbes folles
Plus haut que le ciel proche
Un migrateur quête une épave
Le mur pleure ses passants.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire