dimanche 17 mai 2026

Un texte un peu mélancolique de l'écrivain mauricien Sylvestre LE BON.




















 

HUIT ANS APRES.










à Vikram Dookheea, Burty Chen, Nikhil Singh,
Jaganaden Mudalli et Rishi Kaundun.











L'immeuble a couleur de papier noirci
Et pour cause !
Que de pages gribouillées noircies
De lectures à tue-tête d'attention feinte
- Le rêve peut-être d'une demoiselle de Lorette -
Y firent florès
Et les devoirs exécrés les joyeuses fugues
Le temps-maître a tué ses élèves
Égarés ça et là sur les sentiers inconnus
De la Vie


Noirci
Couleur de rouille aussi
Ces décolorations qui pendent sur les pans
Immenses de l'immeuble
Comme de grosses larmes
Les étendues de gazon
Pleurent en silence
Les ébats de la récré et les polissonneries des ados
Qui se délassaient les méninges
(souvent sous quelque arbuste)
Avec des revues pornos
La bohème cherche-t-elle en ces lieux quelque ancien féal ?


Et l'intérieur des classes n'a guère changé
Pupitres dérangés chaises démembrées
Sinon un peu plus vieux
Tout cela comme une impression de voyage


Le vent a simplement soufflé
Pour animer toujours des générations.






















Texte : Sylvestre LE BON.
(In Ballades d'ici et d'ailleurs, Éditions A3, Ivry-sur-Seine, 2004.)

Crédit photo : Sylvestre Le Bon.





















































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