dimanche 13 septembre 2026

Un poème en prose de Sylvestre LE BON (Moris).

 





LE MIROIR DU RÉEL.







à Adeet Thannoo.









Elle est étroite, la barque. La nuit passée, des parfums ont fui leur lit et se sont offerts aux rayons des astres. Combien de circonvolutions depuis la nuit des temps qui n'ont eu raison de ces uniques rayons ?
Acheté à moins que rien dans ma besace, un morceau de ciel alors que je prêtais l'oreille aux ébats de deux passereaux solitaires. Je n'ai su de quoi abreuver le silence fauve de l'air.
Sur le cadran des horaires, les cigales ont désappris leur cycle dans l'haleine enfiévrée des vents. C'est que ces vents de latitude chaude ont confondu leur interrogation sur les écharpes glaciales des aurores boréales.
Je pense avoir tout appareillé sur la barque. Oui, elle est prête, pourvue de rien en fait, pour traverser le miroir du réel et dompter la complainte de la nuit. Et le temps écrase une larme parce qu'il a compris ce qui n'a pas été dit.











Sylvestre LE BON.
In Le rôdeur de l'exil, Les impliqués Éditeur, Paris, 2023.
Crédit photo : Sophie LAGESSE.


































All rights reserved.













Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire