BEAU-BASSIN.
à Mevin Bsingh.
Beau-Bassin ma ville d'enfance
J'arpente seul tes rues désertes
Parce que chaque jour avant
Tu veillais sur ma présence
Songe d'un promeneur mélancolique
Ton nom est sur mes lèvres
Que j'arpente la rue Colin ou Duvivier
Que je m'arrête à Balfour
Ton coeur bat toujours en moi
Écho de ma voix, de mon souffle
Mais tu ne veilles plus sur mes rêves
Tu es la ville de Renaud et d'Avoine
D'autres poètes dorment dans ton sein
Tes oiseaux qui chantent sont couleur de Muse
Oh ! c'est dans tes bras que mes vers ont fleuri
Mes pas résonnent sur tes rues tristes
Comme des cloches de matines
Ils vont aux vêpres des souvenances
Je vois sur ton visage ma ville d'enfance
Le sourire d'un ciel délavé
Qui écoutait paresseusement l'aria du silence
Le soleil allumait la vie tandis
Que des oiseaux laissaient choir leurs odes
Sur une maison aujourd'hui
Abandonnée
Peut-on vivre sans pleurer les jours anciens ?
Peut-on vivre sans être poète ?
Mes pas ont résonné jusqu'au bout de toi
Tu me demandes de rester
Il faut que je parte
La nuit qui approche
A la couleur d'un laurier
Écrasé
On m'attend loin de toi
Pour écouter dans ma voix
Tes airs de barcarolle
Mais avant je cueillerai une gerbe de souvenirs
Et de regrets
Et m'en irai en chantant.
Sylvestre LE BON.
In Anthologie de la nouvelle poésie mauricienne, Promo Plus, Port-Louis, 1999.
Crédit photo : Marilyne LE BON.
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