Madame, Monsieur,
Nous l’avions lu entre les lignes, nous en avons désormais la preuve : les lobbys de l’agrochimie ont téléguidé les négociations sur le texte européen Omnibus qui menace de déréguler massivement les pesticides en Europe (1).
Une réforme qui pourrait donner des autorisations à vie à des pesticides dangereux et de nouvelles dérogations à des substances interdites en raison de leur danger avéré pour l’environnement et la santé (2)(3).
Pour justifier ce projet alarmant, la Commission européenne invoque deux prétextes : l’évaluation des pesticides prend trop de temps et il faudrait accélérer la mise sur le marché des produits moins toxiques (4)(5).
Mais au lieu de renforcer les moyens pour assurer que tous les dossiers soient traités sans retard et avec le même niveau de sécurité…
… La Commission a choisi une autre voie : celle des lobbys de l’agrochimie.
Dans un rapport qu’elle vient de publier, l’ONG Corporate Europe Observatory montre comment la Commission et ses alliés répondent et dépassent même les pires demandes des industriels de l’agrochimie (6) :
>> La firme Bayer-Monsanto et le lobby de l'agro-industrie Copa-Cogeca demandent des autorisations de vente pour 20 ans minimum ? La Commission leur accorde des pesticides autorisés à vie. Un fonctionnement qui n’existe nulle part ailleurs dans le monde, même dans des pays totalement laxistes en matière de pesticides comme les Etats-Unis ;
>> Les mêmes lobbys défendent le principe « pas d'interdiction sans solution » pour retarder tout retrait de pesticides, y compris les plus toxiques ? La Commission le grave dans le texte ;
>> L’agrochimie demande d’élargir à toute l’Europe les dérogations pour des pesticides interdits, censées être accordées localement et uniquement en cas d’impasse technique grave ? Les rapporteurs du texte au Parlement européen reprennent cette proposition que même la Commission n’avait pas retenue !
Ces copier-coller scandaleux des demandes des lobbies n’ont rien d’étonnant : les eurodéputés rapporteurs ont eu une dizaine de rendez-vous avec des représentants de l’agro-industrie (7), zéro avec des associations environnementales et de santé qui défendent pourtant l’intérêt général.
Et la Commission européenne a gardé secret son projet d’autorisations illimitées de pesticides pendant des mois, sauf pour l’agrochimie.
Face aux moyens considérables des fabricants de pesticides, la mobilisation citoyenne est notre meilleure arme.
Trop de décideurs pensent encore que la complexité du dossier suffira à décourager les citoyens. Ils se trompent :
>> 83 % des Français exigent le maintien des réévaluations périodiques des pesticides (8).
Et nous sommes déterminés à faire résonner ce message jusqu’aux plus hautes instances européennes.
En quelques semaines, vous avez envoyé plusieurs centaines de milliers de mails aux eurodéputés pour leur demander de voter contre ce texte (9). Le week-end dernier, plus de 60 rassemblements ont été organisés partout en France.
C’est un puissant mouvement citoyen de fond qui a fait reculer à deux reprises les partisans de la dérégulation :
>> Le Conseil de l’Union européenne, qui regroupe les Etats membres, a refusé d’accorder des autorisations illimitées à la majorité des pesticides dans sa version du texte (11).
>> Et le Parlement européen, sous la pression citoyenne, a reporté des votes décisifs prévus en octobre face à l’ampleur des désaccords entre eurodéputés.
Nous avons réussi à ouvrir une brèche, mais rien n’est joué.
Le texte reste catastrophique et les prochaines négociations peuvent encore faire basculer son contenu.
Grâce à votre soutien, nous allons lancer une deuxième phase de mobilisation encore plus massive que la première.
Nous allons organiser des réunions publiques partout en France pour alerter un maximum de citoyens du danger que fait peser ce texte sur leur santé, celle des agriculteurs et sur les pollinisateurs ; et nous rassembler en masse à Strasbourg le 24 novembre pour interpeller directement les eurodéputés là où ils travaillent (12).
Mais nous ne pourrons pas continuer à mener ces actions sans votre soutien.
S’il vous plaît, aidez-nous à alerter un maximum de citoyens sur les dangers de cette dérégulation pour les abeilles, les pollinisateurs et notre santé, et à poursuivre notre mobilisation pour obtenir le retrait définitif de ce texte ! |
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