Mon fils vient d’entrer en CE2 ici à Bologne. Il a seize camarades de classe. Leila * est sa meilleure amie.
Ce sont des enfants comme les autres. Ils ont du mal à apprendre leurs tables de multiplication, adorent jouer à chat et essaient même de faire passer en cachette un bonbon ou deux en classe.
Ils sont tous nés en Italie. On compte parmi eux neuf nationalités différentes et autant de langues étrangères. Mais aujourd’hui, Meloni prévoit de séparer les enfants
« étrangers » en imposant une limite de 30 % de ressortissants non italiens par classe. Si une classe dépasse ce seuil, certains enfants pourraient être transférés dans une autre école. [1]
Ils prétendent que c'est pour améliorer l'apprentissage de l'italien. Mais nous savons bien que ce n'est pas le cas. Si cette loi était adoptée, au moins trois des camarades de classe de mon fils, nés en Italie, risqueraient de ne pas être admis dans cette classe.
C’est comme cela que commence l’exclusion. Et c’est par le silence qu’elle se propage.
Heureusement, notre mouvement n’est pas connu pour son silence. [2] Et rien n’est encore définitif : le Parlement italien a moins de deux mois pour se prononcer sur cette loi. Mais les véritables décisions se prennent en ce moment même, car les responsables politiques préparent des amendements à huis clos.
Ce problème touche peut-être uniquement l’Italie pour l’instant, mais ses implications vont bien au-delà. Aujourd’hui, c’est l’Italie ; demain, ça pourrait être chez vous. Assurons-nous donc que les enfants qui grandissent en Europe entendent un message différent de notre part :
« Vous avez votre place ici. Et les écoles nous appartiennent à tous. »
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