Madame, Monsieur,
Une ligne rouge a été franchie.
Lundi 20 juillet, l'Assemblée nationale a adopté la loi d’urgence agricole (1) – une loi criminelle pour les abeilles et la santé de nos enfants que nous allons combattre de toutes nos forces devant les tribunaux, avec votre soutien !
En permettant le retour des pesticides néonicotinoïdes – l’acétamipride et le flupyradifurone – et en affaiblissant méthodiquement l’autorité de notre agence sanitaire, l'ANSES, sommée de valider en urgence la réautorisation des tueurs d’abeilles (2) et de « collaborer » avec les industriels qu'elle est chargée de contrôler…
… les parlementaires pro-pesticides ont choisi d’ignorer :
> l'alerte du Conseil national de l'Ordre des médecins, qui s'est exprimé publiquement pour la première fois de son histoire pour demander aux députés de maintenir l'interdiction de l'acétamipride – une substance toxique retrouvée dans le cerveau d'enfants et associée dans la littérature scientifique à des troubles pour le développement neurologique et le système reproducteur (3) ;
>> les innombrables études scientifiques qui documentent les effets de l’acétamipride sur le microbiote des abeilles (4), leur mémoire, leur sens de l'orientation, leur capacité à retrouver la ruche (5), leur motricité (6), l’apprentissage et la mémorisation des odeurs (7) – et ceux du flupyradifurone qui attaque leur cycle de reproduction (8) ;
>> la mobilisation de plus de deux millions de citoyennes et citoyens qui refusent de léguer aux générations futures des pesticides dangereux pour la santé humaine et responsables d’un effondrement massif des populations d’abeilles et autres insectes pollinisateurs (9).
Depuis un an, les défenseurs de l'agrochimie forcent toutes les portes :
La loi Duplomb 1, censurée par le Conseil constitutionnel notamment grâce à notre contribution juridique (10) ; la loi Duplomb 2, retoquée par le Conseil d'État (11) et aujourd'hui, cette loi d'urgence agricole dont la version remaniée par les sénateurs (12) comprend des reculs très graves pour l'indépendance de l'ANSES et sa capacité à protéger efficacement les citoyens et la biodiversité…
… avec un objectif clair : enfermer durablement la France dans un modèle agricole dépendant des pesticides et extrêmement rentable pour Bayer-Monsanto et les géants de l'agrochimie.
Mais nous n’avons pas dit notre dernier mot.
Avec votre soutien, nous attaquerons en justice chaque faille du texte.
Le gouvernement a pris un risque fou :
Donner carte blanche à l’industrie agrochimique, quitte à faire adopter un texte inconstitutionnel et contraire au droit européen (13).
Nos juristes travaillent en ce moment même aux côtés des associations engagées dans cette bataille, pour constituer un dossier en béton armé, appuyer les députés ayant saisi le Conseil constitutionnel et obtenir la censure des dispositions les plus dangereuses de ce texte.
Face à l’offensive continue des lobbys, nous sommes prêts.
Prêts à attaquer chaque faille, chaque violation du droit, chaque manquement au principe de précaution pour bloquer cette loi complètement irresponsable.
Prêts à porter devant les tribunaux chaque autorisation de mise sur le marché accordée en application de cette loi, chaque dérogation octroyée illégalement aux pesticides tueurs d'abeilles et chaque disposition contraire au droit européen – jusqu’à la Cour de justice de l’Union européenne s’il le faut !
Les industriels peuvent se réjouir d'avoir obtenu tout ce qu’ils demandaient dans la loi d'urgence agricole.
Ils devront désormais en défendre la légalité pied à pied devant les juges et nous serons là, à chaque étape, pour leur rappeler que la santé des populations et la survie des abeilles ne se négocient pas !
Cette bataille sera longue et difficile. Mais nous avons déjà démontré qu'une mobilisation citoyenne déterminée pouvait faire reculer les lobbys de l'agrochimie !
Aujourd’hui, chaque don permet à POLLINIS de mobiliser des juristes spécialisés, des scientifiques indépendants et des experts du plaidoyer pour construire des recours solides, démonter les arguments de l’agrochimie et défendre une voix libre au service de l’intérêt général.
C'est grâce à des citoyens engagés comme vous que nous avons déjà fait obstacle à la première tentative de réautorisation des néonicotinoïdes.
Avec votre soutien, nous mènerons ce combat jusqu'au bout pour faire tomber les dispositions les plus dangereuses de la loi d’urgence agricole et obtenir l'interdiction définitive des pesticides tueurs d'abeilles. |
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