il y a des airs de pissenlit
des odeurs d’arc-en-ciel
et des villes enchanteresses
derrière tes prunelles bleues
j’habiterai chaque jour
chaque parcelle de chair
chaque terrain esquissé
au plus lointain pays
et porterai la vie
jusqu’à la nuit tombée
en crue déferlante de couleurs
ce que je dis au vent
porte l’écho des meurtrissures
des planètes y règnent instamment pourtant
y prennent l’allure de pur-sang et de guépards
j’ai la langue tendue
en bouquets de lilas
j’ai le cœur chatoyant
en quais de feux follets
une musique m’occulte
jusqu’à la lie des songes
j’aspire à l’infini
aux orgasmes de l’été
midi chante sans leurre
aux bordures de mes cils
les écritures dérivent
dans l’évidence des flots
qui par sursaut s’enivrent
sans le moindre point de chute
qui donc es-tu
toi qui frétilles
dans l’agora des formes
à chacun de mes vers
je te connais sûrement
t’ai rencontré dans l’infortune
tu as la peau cambrée
des ogres millénaires
le regard rayé fissuré et blêmi
ou tu bafouilles encore
sous l’allégresse d’une jupe
une main t’est tendue
à chaque trébuchement
Jean-Yves METELLUS.
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