dimanche 12 juillet 2026

Et la NUIT, quant à elle, ENNUIE le poète réunionnais Jean-Louis ROBERT...

 























JE M’ENNUIE








C’est une nuit où je m’ennuie.
Je m’ennuie rarement la nuit.
Non, c’est à peine vrai… je mens un peu.
« Je mens » nuit la nuit (le jour aussi).
Bon, d’accord, j’avoue tout :
j’ai des insomnuits
et je m’ennuie toutes les nuits,
voilà, c’est dit, et je compte les moutons
comme me l’a recommandé mon toubib.
(Je ne sais pas s’il l’est réellement,
toubib or not toubib ?... à voir.)
Je ne savais pas qu’il y en avait autant
jusqu’à ce que je me mette à les compter,
les moutons, pas les toubibs.
Et il y en a de plus en plus chaque nuit.
Au bout d’un certain nombre, je m’ennuie.
Alors, pour tromper l’ennui, je compte les éléphants,
ça va plus vite, à cause de leur taille,
mais au bout d’un certain nombre, je vois
des éléphants roses… et ça, ça me trompe
dans mon décompte, et je me dis
que je verrais aussi des bleus, des blancs, des rouges,
et pour ne pas en voir de toutes les couleurs,
je me dis : Revenons à nos moutons.
Trop tard ! Ils ont filé à l’anglaise,
car l’Aurore aux doigts de rose éléphant est là
Une pensée meurtrière me vient, je me dis :
J’arrête de jouer, la prochaine nuit,
je mets tout en œuvre
pour tuer l’ennui.











Jean-Louis ROBERT.






































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