Où tout cela a-t-il commencé ? Est-ce à l’éveil des jeunes oiseaux ?
Est-ce à l’évocation d’un minuscule
jardin ? Ou bien par la découverte du vert triomphant de ton pays natal ?
L’incertitude restera et nous en aurons bien des versions possibles.
Demeure la stupeur d’un amour dévorant que nous avons peint de vives couleurs. Le rouge de l’impossible, le bleu de la délicatesse, le jaune de la résistance, tous les signes flottants d’un désespoir inlassable.
Nous avions émergé, nus et orgueilleux, et nous nous accrochions à chaque aube, même si, parfois, nous avions du mal à défier la solitude, les usages et les gens de notre famille.
Nous avons bravé la détresse de ne pas savoir affronter les dangers parce que nous portions en nous la perspective de l’incroyable.
Le vertige de chaque piège nous a fait tressauter, cabris effarouchés.
Colibris de la liberté, inlassables réfractaires, nous avons survécu dans l’espace minuscule d’un rectangle blanc.
La volonté aujourd’hui nous est-elle douloureuse ?
Invraisemblablement emmêlés, nous ressentons pourtant le vide qui nous effeuille lentement, ce doute qui nous flagelle. Une perte qui noue le sang et triture le cœur.
Et le cataclysme vibrionne au fond de nous.
Edith BERTHUIT.
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