HEURTS ET SPLENDEURS
à Privta Nirsimloo.
Tu l'as aimée
Sourire d'oasis visage de nymphéa
Tu avances silencieux
Parce que tu l'as aimée
Et sa démarche ondulante
Une aurore estivale
Elle marchait
Pas feutrés captivant des oiseaux en rut
Lèvres couleur passion
Pudeur de jeune fille
Le temps avait goût de framboise
Félicité ivresse de vivre
Mais le malheur jaloux guettait
Il guettait un sourire coulant dans l'oued
D'un paysage aride un visage aussi
Chatoyant dans la floraison des corolles
Et le temps s'était armé de son couperet
Son couperet sa lance sa hache
Et le temps reprenait son vol
L'amour descendait
À la renverse
Il était descendu
Dans ton coeur tuméfié de peines
Déguenillé lésé dénudé
Comme un amas de brindilles fumantes
Tu l'as aimée
Mais la rosée se répand ce matin
Dans le jardin de ton coeur
Une aurore nouvelle
Le malheur referme ses paupières
Veloutées d'ombre brûlées
Par des gouttes de rosée
L'aube qui chante
A oublié ses rayons dans tes yeux.
Sylvestre LE BON
In Ballades d'ici et d'ailleurs, Éditions A3, Ivry-sur-Seine, 2004.
Crédit-photo : Sophie LAGESSE.
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