Tu viendras un jour au fond de moi
Sur tes traces
Te reconstituer
Au vin rouge
Je brasserai tes souvenirs
Nous les dessinerons sous leurs mystères
Visitant les albums polyphoniques des résonances
Et nous forgerons en béton les hypothèses de folies
Comment peut-il être attiré par le Grand Nord ?
Comment peut-il s’entre-défaire de toi ?
Non vie d’envies à la trame épuisée à trop vouloir
À ne rien pouvoir
Écrire pour tenir
Pour mettre à distance un monde qui s’effondre
Chevillés à nos corps
Pourtant
Il faudrait savoir te basculer
Fracassées en détresse
Et nous sourirons
Au rempart de leur silence
Généreusement tristes
D’une peur intransigeante
Nous marierons une fugue de douceur
À nos rires emmêlés
Petits ludions touchants
Tremblotant au deuil lourd des ratées
Toi, sèchement lumineuse
Avec moi, mollement terne
Délires troubles des existences abandonnées
À la ruine des non-dits
Scrupuleusement respectés
Droites et ravagées
Droites raides
Raidies
Traversées de fulgurances tendres
Renaissant à toute douceur
Tu viendras un jour
Au fond de moi
Et le mystère restera
L’incompréhension
La distance
La solitude
Edith BERTHUIT.
2011.
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