une bergère
tel un vestige d’été
m’est apparue ce soir
la lune sur sa nuque
descendant lentement
et moi je glisse avant l’aube
jusqu’à la chair vive du poème
il n’y a pas de tirades repues de métaphores
ni de répliques d’étincelles
devant une véranda
seul le frottis rageur
sur les grains du papier
illumine les vers
que j’offre en otage
à la désinvolture du monde
trop de clameur détruit l’intimité
chaque déchirure forme un cycle
l’inventaire des pas perdus
des destins érodés
dès le premier printemps
je n’ai plus d’abri pour la beauté
des âmes lumineuses
ni pour la magie et le mystère
que distille un cœur pur
je n’ai pas non plus
de mainmise sur le vertige
à l’étanchéité du baiser
et l’impossible accord
de nos infinités
jour et nuit je griffonne
qu’importe le temps
le lieu ou la nature
face au réel qui terrorise
l’écriture est mon rivage
Jean-Yves METELLUS.
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