dimanche 6 juillet 2025

Patricia LARANCO.

 




Il se fait tard. Les mouvements interstitiels

des ombres converties en mots évocateurs

ruissellent en quête de la cangue du Temps.

L'inachevé se pétrifie se putréfie.

La steppe plane rampe vers le firmament

comme si elle implorait quelque grand signal

Les maisons ont pris la forme de glaçons nains.

Il est peut-être une vibration qui nous dit

la désespérance brute de l'univers.

En attendant l'on a revêtu les pigments, les 

fragments les segments les poudres argentées

les poussières d'étoiles ont fondu sur nous,

sur nos paupières fardées par l'Illusion,

indifférentes aux tintements du matin,

aux remuements de ses facettes biseautées.

Toi qui croyais qu'il y avait place pour toi

ne serait-ce qu'en un simple entrebâillement

tu sais à présent le silence non-éteint

et le monde parfois trop étroit pour la Vie.

L'absurdité brasse ses granules rugueux

avec une cérémonielle lenteur

et le vide se glisse entre les horizons,

entre les murs des salles effilées, striées...


Tant d'autre êtres que l'on ne peut déchiffrer,

tant de phrases qui passent par-dessus les monts

frôlant juste la ciselure des cirrus.

Nous ne sommes plus guère au beau temps 

du sang neuf

où les mots avaient l'audace de s'imposer,

où l'on était même sûr de soi - et de tout.

Les lignes de fuite prennent des libertés

et s'échappent, jusqu'à se perdre en l'infini

tels des chevaux que leur enclos

ne retient plus.










Patricia Laranco.

(Texte & photographie).

Juillet 2025.






















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