Il se fait tard. Les mouvements interstitiels
des ombres converties en mots évocateurs
ruissellent en quête de la cangue du Temps.
L'inachevé se pétrifie se putréfie.
La steppe plane rampe vers le firmament
comme si elle implorait quelque grand signal
Les maisons ont pris la forme de glaçons nains.
Il est peut-être une vibration qui nous dit
la désespérance brute de l'univers.
En attendant l'on a revêtu les pigments, les
fragments les segments les poudres argentées
les poussières d'étoiles ont fondu sur nous,
sur nos paupières fardées par l'Illusion,
indifférentes aux tintements du matin,
aux remuements de ses facettes biseautées.
Toi qui croyais qu'il y avait place pour toi
ne serait-ce qu'en un simple entrebâillement
tu sais à présent le silence non-éteint
et le monde parfois trop étroit pour la Vie.
L'absurdité brasse ses granules rugueux
avec une cérémonielle lenteur
et le vide se glisse entre les horizons,
entre les murs des salles effilées, striées...
Tant d'autre êtres que l'on ne peut déchiffrer,
tant de phrases qui passent par-dessus les monts
frôlant juste la ciselure des cirrus.
Nous ne sommes plus guère au beau temps
du sang neuf
où les mots avaient l'audace de s'imposer,
où l'on était même sûr de soi - et de tout.
Les lignes de fuite prennent des libertés
et s'échappent, jusqu'à se perdre en l'infini
tels des chevaux que leur enclos
ne retient plus.
Patricia Laranco.
(Texte & photographie).
Juillet 2025.

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