LE POUVOIR.
Car le pouvoir, ce sera toujours le Pouvoir
et il emportera toujours la décision ;
la force brute aura toujours le dernier mot
même si elle s'assoit sur toute réflexion.
Elle sera toujours le dernier argument,
celui qui force tous à devenir muets,
à ne plus faire vagues et à raser les murs.
On nous abreuve de mythes depuis toujours :
les Lois, les Droits, Devoirs, le jugement de(s) Dieu(x),
la Justice, qu'elle soit immanente ou non
mais rien n'égale, en fait, le "Malheur au vaincu !".
Le force fonde toute légitimité
il en va toujours ainsi en dernier ressort ;
c'est elle qui a moyen de tordre le bras
et elle seule, et les objections n'y font rien
sauf quand elles ont la puissance à leur côté.
Tout cède sous l'action, la pression de l'étau.
Les esprits rebelles et mauvaises volontés
sont broyés, laminés, à tort ou à raison.
Que peut un justicier lorsqu'il n'est pas PUISSANT
sinon vaciller et puis
mordre la poussière ?
Une accumulation d'armes et de deniers
et l'on est assuré
de la domination.
Qu'importe la façon
dont vous l'avez acquise.
La puissance, par un effet assez curieux,
boule-de-neige d'exponentielle expansion
creuse toujours l'écart, elle le peut toujours
et tant pis si ça s'apparente à de l'hybris.
L'Homme se croit plus moral que les animaux
mais il admire et craint qui a pouvoir sur lui,
il aime le haut du panier et non son fond
où grouillent, végètent les ternes crabes gris.
Il a intériorisé la Loi du pouvoir,
redoute de voir choir
ses sanctions sur son dos
tel un enfant non affranchi de ses tuteurs
craignant de perdre leur protection et amour.
Comme on raconte, "Le chef a toujours raison",
il sait cela d'instinct, d'instinct immémorial
sinon par réflexe, c'est le prix à payer.
On laisse faire et on "cultive son jardin"
bien au fait de ce qui arrive
au pot de terre.
Ainsi que beaucoup disent, "à quoi bon mettre en jeu
le peu d'acquis qu'on a ?"
N'est-ce pas là
"bon sens" ?
Crainte, soumission ? Ne l'ont-il pas appris
au nom de l'Education, de l'Ordre et du Bien ?
Il vaut toujours mieux hurler avec le loup,
se ranger auprès de qui inspire la peur
car inspirer peur, c'est inspirer
le respect.
"Quelle triste philosophie !" me direz-vous
et à quoi bon les mots de Diogène et du Christ,
les combats de Gandhi, de Guevara, de King
et tant d'autres rêveurs
qu'on a traité
de fous ?
Le Pouvoir
est une hydre.
Patricia Laranco.
Juin 2025.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire