mardi 1 juillet 2025

Un poème de Patricia LARANCO, LE POUVOIR.

 












LE POUVOIR.












Car le pouvoir, ce sera toujours le Pouvoir

et il emportera toujours la décision ;

la force brute aura toujours le dernier mot

même si elle s'assoit sur toute réflexion.



Elle sera toujours le dernier argument,

celui qui force tous à devenir muets,

à ne plus faire vagues et à raser les murs.

On nous abreuve de mythes depuis toujours  :

les Lois, les Droits, Devoirs, le jugement de(s) Dieu(x),

la Justice, qu'elle soit immanente ou non

mais rien n'égale, en fait, le "Malheur au vaincu !".



Le force fonde toute légitimité

il en va toujours ainsi en dernier ressort ;

c'est elle qui a moyen de tordre le bras

et elle seule, et les objections n'y font rien

sauf quand elles ont la puissance à leur côté.

Tout cède sous l'action, la pression de l'étau.

Les esprits rebelles et mauvaises volontés

sont broyés, laminés, à tort ou à raison.



Que peut un justicier lorsqu'il n'est pas PUISSANT

sinon vaciller et puis 

mordre la poussière ?



Une accumulation d'armes et de deniers

et l'on est assuré

de la domination.

Qu'importe la façon

dont vous l'avez acquise.

La puissance, par un effet assez curieux,

boule-de-neige d'exponentielle expansion

creuse toujours l'écart, elle le peut toujours 

et tant pis si ça s'apparente à de l'hybris.



L'Homme se croit plus moral que les animaux

mais il admire et craint qui a pouvoir sur lui,

il aime le haut du panier et non son fond

où grouillent, végètent les ternes crabes gris.

Il a intériorisé la Loi du pouvoir, 

redoute de voir choir

ses sanctions sur son dos

tel un enfant non affranchi de ses tuteurs

craignant de perdre leur protection et amour.

Comme on raconte, "Le chef a toujours raison",

il sait cela d'instinct, d'instinct immémorial

sinon par réflexe, c'est le prix à payer.

On laisse faire et on "cultive son jardin"

bien au fait de ce qui arrive

au pot de terre.

Ainsi que beaucoup disent, "à quoi bon mettre en jeu

le peu d'acquis qu'on a ?"

N'est-ce pas là

"bon sens" ?



Crainte, soumission ? Ne l'ont-il pas appris

au nom de l'Education, de l'Ordre et du Bien ?

Il vaut toujours mieux hurler avec le loup,

se ranger auprès de qui inspire la peur

car inspirer peur, c'est inspirer

le respect.



"Quelle triste philosophie !" me direz-vous

et à quoi bon les mots de Diogène et du Christ,

les combats de Gandhi, de Guevara, de King

et tant d'autres rêveurs

qu'on a traité

de fous ?



Le Pouvoir

est une hydre.
























Patricia Laranco.

Juin 2025.



























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