mercredi 25 février 2026

Richard TAILLEFER (France) nous parle de LA PENOMBRE DES MAUX.

 













Que sont devenus nos rêves d'oasis ?



Ce quotidien
A bout de souffle



Plaie
Que plus personne ne veut voir



Prisonnier
De trop d’absence
De solitude et de silence



Chaque nuit cogne
Comme un pavé dans la tronche



Tes cris se perdent
Contre les parois de l’indifférence



À trop compter les minutes
À force d’oublier



Tu t’abandonnes aux chimères
Dans une interminable fuite vers nulle part



Il ne suffit pas d’allonger le bras
Pour toucher du doigt le bleu du ciel



Ni ravin assez profond
Pour y jeter les pires solitudes



Allumer
Toutes les lampes
Les éteindre une par une



Pour s’habituer à la nuit



Je ne suis que cette infime tendresse
Qui se dresse dans la pénombre des maux



Pour être
Encore un instant près de vous



Et me sentir vivant



Je lève le poing
M’accroche à mes rêves
Avant que la nuit se lève
































Richard TAILLEFER.
In Les Invisibles, Ed. Gros Textes, 2024.




























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