La crainte
De n’avoir pas
Le génie d’attendre ce que nous pourrions devenir
Dans les frissons du premier vieillissement
À bout d’efforts patients
Après des années de faim et de soif
Après des années de corps qui s’extasient
À bout de sacrifices
La crainte d’ensemencer les migraines
Au quotidien de nos jours
De vriller mon angoisse dans sa gaîté
De biaiser nos instants feuillus
Dans l’ombre de mes mains tendues
De déchirer son soleil
De lui coudre le silence aux lèvres
De perdre sa jeunesse
De blesser sa vie
Alors
La crainte
De l’âme qui renonce
De l’amour qui s’obscurcit
De la voix qui s’éteint
Du goût qui s’enfuit
Et de ne jamais boire à ses pieds
De ne pas m’éveiller dans sa lumière
De ne plus me refléter dans l’eau de sa vie
Et puis celle
De ne jamais entendre ses bruits
De ne pas m’enflammer à son ombre
De ne pas voir ses nuits
De rester immobile
Sans joie
Tranquille.
Edith BERTHUIT.
Février 2015.
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