samedi 21 février 2026

Un texte de Gillian GENEVIEVE (Moris).

 





Jusqu’à la fin, je souhaiterai une parole franche du soleil, non édulcorée par le passage des ombres.
Jusqu’à la fin, je souhaiterai le retour de la nuit, pas celle d’aujourd’hui, mais celle de l’enfance avec sa traînée d’étoiles et ses promesses lumineuses.
Jusqu’à la fin, je chercherai de nouveaux chemins d’espérance, un sentier non balisé par les peurs et l’étreinte de l’angoisse, une voie à la lisière des nuages, dans la joie irréductible, dans la lumière crue d’une journée d’insouciance.
Jusqu’à la fin, je rêverai de retrouver le visage indulgent et les derniers vestiges des jours heureux ainsi que l’unique urgence qui vaille : celle du souffle, celle de la vie, en écho de la mémoire, celle de la plaie à jamais cautérisée.
Mais je souris, je ne suis dupe de rien : j’ai marché trop longtemps dans le sillage des mystères et de la solitude pour croire encore que j’éviterai le naufrage ; le bateau a déjà coulé et, à contre-courant, en apnée, j’essaye juste de rejoindre la rive au carrefour de l’oubli et du silence.
Jusqu’à la fin, j’attendrai la fin.
Toute autre attente serait illusoire.










Gillian GENEVIEVE.































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