Douce pénombre qui protège des étés,
qui repousse même le feu des canicules,
fluide à force de fraîcheur chèrement gagnée,
fruit des persiennes tournant le dos au soleil
comme une cohorte de boucliers boudeurs.
Profonde telle les grottes de nos aïeux,
conçue pour alimenter les ruisselets d'air
et les secrets du silence, trésor vivant
qui s'ajoute à l'accumulation de conforts...
je te chante, toi, le plus précieux des bienfaits
car c'est en toi que nous nous ressourçons toujours
lorsque nous sommes encerclés un peu partout
par la fournaise qui s'acharne en corrodant
nos chairs
comme nos âmes groggy, titubantes.
Tu nous offres un abri sans nul équivalent
en ressuscitant les charmes intemporels
de la légèreté, de la lévitation .
Nous nous enkystons en toi, flottons en ton sein
semblables à des bulles portées par ton eau
et nous faisons la planche ainsi que dans un bain
qui devient océan,
coussin d'apesanteur.
Patricia Laranco.
Juin 2026.
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