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Dans le 19e arrondissement de Paris, le droit à l’éducation de nos enfants est entravé. | ||
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Deux classes, seize enseignants en six mois : dans le 19e arrondissement de Paris, le droit à l’éducation de nos enfants est gravement entravé. En six mois, nos enfants de Moyenne-Section et de CE1 ont vu défiler seize enseignants. Seize visages, seize noms, seize méthodes et seize ruptures. Ce n’est pas de l’enseignement, c’est de l’instabilité organisée. Depuis la rentrée de septembre :
“Y a une maîtresse aujourd’hui ?” C’est la question que se posent les enfants de deux classes de l’Ecole élémentaire Compans et de l’Ecole maternelle Brunet chaque matin depuis le 1er septembre. Dans ce groupe scolaire du 19ème arrondissement à Paris, le droit à l’instruction et à un cadre d’apprentissage stable et sécurisant sont mis à rude épreuve depuis la rentrée. Quatre familles ont des enfants dans les deux classes problématiques, comptabilisant un triste record de 16 enseignants différents depuis la rentrée. Pour ces quatre familles, l’entrave au droit à l’éducation et la succession des enseignants sont leur seule expérience de l’École Publique cette année. Les élèves sont-ils bien la priorité du Rectorat ? Après une rentrée ratée où l’enseignante ne s’étant pas présentée le premier jour d’école, pas moins de 10 enseignants se sont relayés devant les 23 élèves du CE1A de l’Ecole Compans. Certains pour quelques jours, d’autres pour quelques semaines. Jamais pour quelques mois. Et sans aucune passation. Les élèves (leurs parents et l’équipe pédagogique du groupe scolaire) ont donc dû accueillir début mars une énième enseignante qui ne connaissait en tout état de cause ni leurs noms ni leurs niveaux. Les enseignants n’ont pas le temps d’apprendre les prénoms. Les enfants ne retiennent plus ceux de leurs enseignants. Cela vaut-il la peine de se connaître, de s’investir dans cette relation enseignants / élèves ? Le départ du 9ème enseignant qui avait atteint le record de longévité (2 mois à temps complet !) a été vécu très douloureusement par les enfants. Il avait su réinstaurer un climat d’apprentissage et de confiance avec les élèves. Les élèves avaient même pu faire une sortie scolaire. Des bilans de mi-année avec les parents étaient prévus et ne seront pas assurés. Les enfants n’ont pas dit au revoir à cet enseignant, le seul qu’ils ont considéré comme leur maître. La décision du rectorat d’affecter ce remplaçant dans une autre école au lieu de le pérenniser sur un mi-temps en complément de la maîtresse titulaire de retour d’un arrêt longue maladie est totalement incompréhensible pour tout le monde. La classe berceau : une classe « cobaye » A la Maternelle Brunet, dans le même groupe scolaire, la situation n’est guère meilleure. L’établissement accueille depuis 2017 une “classe berceau”, dispositif qui doit permettre à deux professeurs des écoles stagiaires d’apprendre leur métier au sein d’une classe sans l’intervention d’un enseignant titulaire. Les élèves ne sont pourtant pas stagiaires, ils ont besoin d’un réel enseignement. Cette classe semble être davantage pensée pour les besoins de formation des futurs enseignants que pour les 23 enfants de 4 ans que compte cette classe de moyenne section, dont certains en situation de handicap. Compte tenu de la façon dont est pensé le dispositif de classe berceau, ce sont 6 enseignants qui se sont relayés dans cette classe depuis la rentrée. Tout en justifiant ces changements par le besoin de formation des enseignants-stagiaires, l’Institution ne fournit ni le cadre, ni le soutien indispensable à ces enseignants en apprentissage qui se retrouvent ballotés d’un établissement à l’autre sans sommation après avoir été laissés seuls dans des classes déjà en difficulté. Ainsi après de sérieuses difficultés de gestion de classe et des comportements problématiques, l’un des stagiaires a été retiré de la classe pour être affecté dans une autre école du quartier… Une remplaçante avait repris la classe pour une durée de trois semaines et avait su mettre en place un cadre rassurant pour ces petits élèves et leur famille. Les familles s’étaient mobilisées au travers d’une pétition pour le maintien de cette remplaçante. Mais le rectorat semble chercher une classe pour ses enseignants-stagiaires plutôt que de chercher un enseignant pour les élèves. De manière totalement incompréhensible, cette remplaçante n’a donc pas été confirmée dans la classe. Une nouvelle enseignante stagiaire a été affectée à cette classe déjà fortement fragilisée. Celle-ci ne sera pas restée plus d’une semaine, apprenant devant les enfants et les familles un jeudi matin qu’elle devait quitter ses fonctions dans la classe le jour même… Résultats : le retard scolaire s’accumule, des enfants qui étaient propres se remettent à avoir des accidents, des enfants montrent de sérieux signes d’anxiété. Or le service public de l’éducation est conçu et organisé en fonction des élèves (art. L111-1 du Code de l’éducation) non l’inverse. Que penser de cette école qui fragilise ses enfants mais aussi ses adultes ? Le Rectorat sourd aux requêtes des parents Les directions d’école, tout en assumant toute la responsabilité pénale en cas de problème, n’ont aucune marge de manœuvre dans le règlement de cette situation et subissent les décisions intempestives du rectorat au même titre que les enseignants. Enseignants, directions et parents d’élèves se démènent depuis septembre pour faire entendre raison à l’Institution, qui reste complètement sourde à leurs requêtes. Les représentants élus des parents d’élèves se sont fortement mobilisés depuis le début de l’année scolaire au sujet des ces classes rapidement identifiées comme problématiques – de multiples courriers ont été envoyés, à chaque fois pour alerter sur la nécessité d’assurer une continuité pédagogique pour des absences qui étaient la plupart du temps non perlées. Des échanges ont bien eu lieu mais aucune réponse satisfaisante n’est apportée. La circonscription a même exhorté une collègue à “ ne pas répondre aux parents” dans un mail envoyé par erreur aux représentants des parents d’élèves qui lui avaient écrit. Après le dernier échange avec la circonscription, les représentants des parents d’élèves ont dû informer les familles que deux remplaçants couvriraient probablement la période restante pour la Moyenne-Section et aucune confirmation sur l’affectation de la remplaçante qui était déjà venue… Pour le CE1, une remplaçante est affectée jusqu’au 10 juin. Les enfants auront peut-être un nouvel enseignant pour les dernières semaines de l’année ! Une situation symptomatique d’une école publique en dérive. Située à l’intersection de plusieurs quartiers relevant de la Politique de la ville, l’école accueille une proportion importante d’élèves avec des besoins éducatifs particuliers, qu’il s’agisse de difficultés scolaires durables, de situations sociales fragiles, ou de handicaps reconnus. Nous parlons d’enfants de moyenne section, âgés en moyenne de 4 ans, et de CE1, âgés en moyenne de 7 ans. Certains ont besoin d’aide pour aller aux toilettes, d’autres de faire la sieste, les niveaux d’apprentissages sont très variables. Aucun cadre éducatif exigeant ne peut considérer une telle instabilité comme acceptable. Et cette rupture d’égalité dès la maternelle est tout bonnement inadmissible. L’école est censée représenter un cadre d’égalité, de sécurité et de stabilité pour les enfants. Le contrat de confiance avec les parents est rompu. Une parente d’élève s’interroge : “cette situation est-elle exceptionnelle ou tristement banale ?”. Symptomatique en tout cas d’une école publique qui ne tient que par la bonne volonté, la force de travail et l’engagement des enseignants et des parents d’élèves. Nous demandons :
Les parents des élèves Reda Aksil Nassima Aksil Laurent Benhamou Stephen Bishop Diane Boinon Ismail Bourkhis Monia Bourkhis Kevin Bussac Laurène Da Palma Cavaco Alexandre Evanno Absa Fall Anna Foresman Anthony Gilbert Alice Gilles Celia Hure Eva Kallel Marine Lafite Hugo Laquerbe Louise Lavabre Solène Le Bihan Lucie Le Gall Jessica Maitte Nada Nader Moussa Niane Stephanie Oberlin Orlando Osenda Alexandra Peron Eva Peynot Loris Poidvin Quentin Ravignan Estelle Reynier Matthieu Saintives Dalla Soukouna Mélanie Sueur Sy Issa Sy Diabi Tandia
Eléments chiffrés CE1A : 10 enseignants différents depuis le début de l’année Période 1 : MS3 : 6 enseignants différents pour des enfants de 4 ans Période 1 : Période 4 :
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