Madame, Monsieur,
Les lobbys de l’agrochimie sont en train de s’attaquer méthodiquement au système censé contrôler leurs pesticides – il est urgent de riposter !
Pendant plusieurs mois, grâce à votre soutien, POLLINIS a mené une enquête inédite sur les pressions politiques, les coupes budgétaires et le lobbying acharné des industriels pour asphyxier l’indépendance de l’ANSES, l’agence sanitaire française chargée d’évaluer la toxicité des pesticides (1).
Nous avons épluché des centaines de pages de rapports parlementaires et d'inspections d'État, disséqué chaque ligne du budget de l’ANSES (2), recueilli la parole de celles et ceux qui connaissent l’agence de l’intérieur…
… et mis au jour un système à bout de souffle, où l'expertise publique est systématiquement affaiblie face à des multinationales qui, elles, ne cessent de renforcer leurs moyens de pression et d’influence.
Si POLLINIS s'est emparée de ce dossier et n’a pas compté ses heures pour mettre le scandale sur la place publique, c’est parce qu’il y a urgence.
L’ANSES n’est pas une administration comme une autre.
C’est notre ultime ligne de défense face aux intérêts de l’industrie des pesticides, créée précisément pour garantir que les décisions qui touchent à notre santé et à la protection de la biodiversité soient prises par des experts indépendants et servent l’intérêt général.
Mais aujourd’hui, ce bouclier se fissure de toutes parts.
POLLINIS documente dans son rapport :
1 - Une agence asphyxiée par manque de moyens financiers
Chaque année, l'ANSES accuse un déficit de 8 millions d'euros pour sa branche Évaluation des pesticides – alors que les frais sont censés être payés à 100% par les firmes qui demandent l’autorisation de mettre en vente un produit.
La raison est simple et scandaleuse : la taxe versée à l’ANSES par les firmes agrochimiques pour couvrir les frais d'évaluation ne couvre que la moitié du coût réel de l'expertise (3).
Résultat : les contribuables paient plusieurs millions d’euros pour un système d’évaluation défaillant, qui autorise des centaines de pesticides toxiques pour les abeilles et les pollinisateurs et dont les industriels sont les premiers bénéficiaires.
2 - Une agence paralysée qui n’a pas de moyens suffisants pour contrôler réellement les pesticides
Aujourd'hui, l'ANSES n’a pas les ressources scientifiques nécessaires pour vérifier en laboratoire les discours de l’industrie des pesticides, refaire les analyses et confronter les données qu’ils fournissent pour défendre leurs produits – même lorsque celles-ci sont insuffisantes ou manifestement biaisées.
>> L’ANSES ne peut pas reproduire les essais dont les résultats lui semblent douteux ;
>> Elle ne peut pas financer les contre-expertises indépendantes indispensables pour contrôler les résultats que les firmes agrochimiques présentent comme fiables ;
>> Elle ne peut pas développer de nouvelles méthodes d'évaluation qui pourraient empêcher la mise sur le marché de pesticides dangereux pour les écosystèmes et pour notre santé !
Face à des firmes agrochimiques armées de ressources colossales, et à des groupes de pressions prêts à défendre jusqu’au bout les filières de l’agriculture intensive, les experts de l'ANSES se retrouvent complètement désarmés !
C'est tout ce système que POLLINIS veut forcer à changer.
Dans le rapport que nous rendons public aujourd’hui (4), l’équipe de POLLINIS met sur la table plusieurs propositions d’urgence pour redonner à l'ANSES les moyens de son indépendance et rééquilibrer le rapport de force avec les lobbys de l’agrochimie.
Mais les multinationales ne céderont rien d’elles-mêmes.
Il faudra les y contraindre.
Grâce à votre soutien, POLLINIS va tout faire pour transformer ce scandale en actions :
>> Faire la lumière sur les dossiers opaques de l’agrochimie : éplucher les dossiers d’autorisation, pesticide par pesticide, et exiger l’accès aux documents qui restent introuvables ou sont massivement caviardés pour pouvoir les analyser et les confronter aux données scientifiques disponibles ;
>> Mettre les décideurs face à leurs responsabilités : multiplier les rendez-vous avec les représentants du gouvernement et les parlementaires pour garantir l’indépendance scientifique de l’ANSES et lui redonner les moyens d’exercer pleinement sa mission d’intérêt général ;
>> Produire de nouvelles preuves : relever la présence de pesticides toxiques dans les écosystèmes, remonter la piste jusqu’à leurs fabricants et établir, preuves à l’appui, leur responsabilité dans l’effondrement de la biodiversité et la contamination massive de notre environnement ;
>> Et saisir les tribunaux chaque fois qu’il le faudra pour défendre l’indépendance de l’ANSES : nous l'avons déjà fait contre le décret de priorisation des usages de pesticides (5) et nous le referons chaque fois que de nouvelles règles tenteront de contraindre la capacité de l'ANSES à évaluer les pesticides en toute indépendance et avec le meilleur niveau d'expertise !
Les industriels déploient des fortunes pour imposer leurs intérêts.
Face à eux, nous ne dépendons que de votre soutien pour résister.
Avec vous, POLLINIS continuera sans relâche de traquer les manœuvres de l'agrochimie, mettre en lumière la complicité des décideurs politiques et saisir la justice chaque fois qu’il le faudra.
Car une expertise scientifique libre et indépendante n’est pas un luxe : c'est notre ultime rempart pour sauver les abeilles et la biodiversité ! |
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