SOMNOLER JUSQU’À LA FIN DE SES JOURS.
Robe de métal à poches de fleurs rouges plaquées au sol
Jupe en dentelle, traces brunâtres
Poupée blanche
Comme une boîte de conserve
La peau en feuilles de tubercule lavée au savon rance
Mousse de toilette dans l’air trop rapide
Hanté d’esprits voyeurs à l’affût de pénétrations brutales
S’allonger pour tenter le diable
Où s’accroupir sans crainte
De la crotte jusqu’au bout des orteils
Pommeau de douche, ami intime
Elle croit au sol à carreaux froids
La tête en blanc d’œuf
Et tout s’émousse
Fermer les yeux et les portes
Forces froissées, seul le poids s’accroche, au ventre
Qu’est-ce qu’une pensée ?
Nuit – tous les jours – douloureuse
Crâne en surchauffe.
Fossoyeur aride.
Intérieur érodé
Pouvoir ouvrir les yeux
Fixer le vide
Tangible inconsistance attachée à ses os
Sa naissance n’en finit pas de couler en longs filets de pus jaunâtre
Solidité apparente à la recherche de son bol de soupe
Ses pieds, eux aussi, se taisent
Passer sur sa joue, lentement, des ongles longs et manucurés
Fautive à châtier – la langue comme une religion
Mesurer sa valeur à l’aune de la punition
(À sévir sans retenue autant sévir sans motif)
Trembler – mais seulement à l’intérieur du fond
Aligner une sagesse respectueuse aux poings serrés
Se laisser frapper – au garde-à-vous – muette et droite
Ne pas chanceler : faute ! Coups redoublés
Ne pas gémir – ne pas pleurer. Attendre – Compter
Cauchemar irréalisable nausée imméritée
Et toujours, survivre – avec l’appréhension du prochain châtiment
Edith BERTHUIT.
2011.
All rights reserved.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire