Il a fait froid ce matin, ensuite le soleil est apparu, les rues se sont animées comme des fleurs sorties de la torpeur d'un sommeil lourd et sans appel. J'ai choisi la terrasse d'un café pas mal exposé au vent du nord, un expresso amer pour booster les neurones et une cigarette imaginaire aux volutes sinueuses et coquines mimant une danse imparfaite s'effilochant au gré de l'éveil. D'autres gens sont venus remplir le vide, d'autres mots jetés ici et là dans le fil des rappels, des promesses et des propositions sans suite.
La vie est ainsi faite.
La société semble nager dans un désamour parfait. On se précipite sur les courbes satinées des produits manufacturés, on les caresses des yeux, des mains, des lèvres et autres langues lécheuses, on se fait miel et sucre le temps d'un rancard rémunéré pour revenir demain au même temple du bonheur le ventre gonflé de désir et d'espoirs ajournés. Le café avait le goût des incertitudes et des insomnies futures. La cigarette suppliait un feu qui ne venait pas. Le soleil glissait dans les maisons silencieuses.
Ouhibi Khaled SAÏDI.
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