jeudi 2 avril 2026

Jean-Yves METELLUS (Québec/Haïti)

 





Il m’est parfois pénible d’esquisser tous ces signes à la margelle de tes paupières ou dans les rouages du réel, chiffonnant presque les voiles du silence, les codes ontologiques,
pour te retrouver entière du côté des soupirs, quand seulement t’imaginer est une déchirure.

La nuit passe sur mon front telle une ogive.
J’attends, béat, les appels du mystère.
L’architecture spectrale
que constitue ma demeure
entrave l’odyssée de nos cœurs chancelants.

Combien de mots arriverai je encore à chuchoter entre les lignes?

C’est pourtant inexorable ce désir de dire qui propulse l’être dans l’évidence
de sa perfectibilité, ou l’insuffisance de ses gestes solitaires
dans le temps qui lui est alloué pour vivre ou pour mourir.

Chaque parole prononcée dans la tourmente du désespoir,
dans cette violence affable qui tiraille nos cœurs,
est donc porteuse de lumière,
expression du possible,
antichambre de la douleur,
à l’instar de nos rêveries.

J’assumerai encore le risque de l’insignifiance en te parlant, malgré ce nœud sur la poitrine,
des frissons à fleur de peau, de la proximité des sphères,
des papillons de la Saint-Jean et des lucioles du mois de mai ;
enfin, de tout ce qui remue en nous
quand se cherchent nos regards.

Et surtout,
je n’omettrai rien de l’opulence du désir.


















Jean-Yves METELLUS.






















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