Grâce à votre soutien et à votre ténacité, le gouvernement a malgré tout concédé une avancée majeure pour sauvegarder les populations d’abeilles.
Depuis sa création il a 14 ans, POLLINIS exige que la méthodologie EFSA 2013 – le protocole le plus rigoureux disponible pour évaluer la toxicité des pesticides sur les abeilles domestiques, sauvages et les bourdons (17) – soit appliquée de manière obligatoire.
C’est désormais une réalité.
Ce qui relevait jusqu’ici du bon vouloir des firmes agrochimiques devient une obligation pour toutes les nouvelles demandes d’autorisation examinées par l’autorité sanitaire française, en application directe de la décision historique obtenue devant la Cour administrative d’appel de Paris.
C’est une avancée concrète et majeure qui renforce les tests de toxicité sur les abeilles domestiques, les abeilles sauvages et les bourdons, et réduit considérablement le risque de voir arriver sur le marché de nouveaux produits mortels pour les pollinisateurs.
Mais c’est très en deçà de ce qu'impose la décision de la Cour !
Les magistrats ont ordonné l’actualisation des tests de toxicité pour l’ensemble des organismes non-cibles – c'est-à-dire toutes les espèces dont les populations subissent les ravages des pesticides !
À ce sujet, la réglementation encadrant les pesticides est très claire : les « espèces non-ciblées » englobent impérativement la faune aviaire, aquatique, ainsi que les organismes du sol (18). Car les abeilles ne sont que les sentinelles d’un effondrement bien plus grand et massif de la biodiversité :
En cinquante ans, 73 % des populations de vertébrés sauvages et 85 % des espèces d’eau douce se sont éteintes (19). En 25 ans, c’est plus d’un tiers des populations de vers de terre qui ont disparu en Angleterre (20), et certainement partout en Europe (21).
Pourtant, les protocoles réglementaires censés mesurer les effets des pesticides sur une grande partie de ces espèces sont profondément dépassés :
>> Les tests de toxicité applicables aux vertébrés terrestres et aux arthropodes (autre que les abeilles) datent de 2002 (22).
>> Ceux censés protéger les organismes aquatiques remontent à 2015 (23).
Autrement dit, alors que la science documente depuis des années la responsabilité des pesticides dans l’effondrement du Vivant, les procédures censées limiter leurs ravages continuent de s’appuyer, pour une large part, sur des protocoles datant de plus de vingt ans.
C'est précisément pour cela que la Cour a ordonné à l'État de mettre à jour ses méthodes d'évaluation au regard des connaissances scientifiques les plus récentes !
La Cour de justice de l’Union européenne a récemment confirmé que les autorités nationales ne peuvent pas se contenter d'appliquer mécaniquement les guides réglementaires existants (24) : Elles doivent prendre en compte toutes les données scientifiques les plus fiables et les résultats les plus récents de la recherche internationale, quelle qu'en soit la source.
C'est un point essentiel de notre bataille que l’État ne peut pas ignorer.
Car derrière les abeilles se joue aussi le sort des oiseaux, des papillons, des petits mammifères, des poissons et, plus largement, de l’ensemble du Vivant.
C’est pour eux, aussi, que nous poursuivons aujourd’hui ce combat, en votre nom.
Pour que les protocoles d’évaluation prennent enfin en compte toute la biodiversité, que les autorisations les plus dangereuses soient réexaminées sans attendre et que les responsables politiques cessent de sacrifier le Vivant aux intérêts économiques des firmes de l’agrochimie.
Pour nos enfants, nous irons jusqu’au bout. Pour qu’ils puissent connaître, eux aussi, un monde habitable et vivant où les abeilles sauvages et les papillons traversent les champs en été et où les hirondelles reviennent nicher chaque printemps.
Nous avons besoin de tout le soutien que vous pourrez apporter à ce combat. C’est grâce à vous que nous pouvons continuer à défendre le Vivant, face à des intérêts privés toujours plus puissants. |
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire