En attendant la bénédiction du ciel
J'ai les yeux qui se referment, le sommeil est là, je dois le saisir. Mon ami Ahmed me parle de fraternité et de dialogue, il me parle des interprètes des textes sacrés et des théories inventées ça et là au gré et au degré des intelligences moitié-moitié et des opinions qui tanguent au gré de la mercuriale et des humeurs assorties de frustrations et de mauvaise foi. Le sacré est une affaire certes qui côtoie le profane, mais qui s'en éloigne sitôt qu'on confond l'espace et le temps !
Ismaël le bienheureux s'est sacrifié avant même que son père ne le lui demande, il a pointé l'angle sacré et sans attendre la décision de son père il s'est allongé à même le sol, les yeux fermés sur l'autre regard attendri, celui dont l'âme dissoute dans l'absolu de l'amour serra le cou palpitant, le cœur ouvert à toutes les invocations. Quand on évoque ce temps ontologique à cette terrasse oubliée, entre gens en mal de sujets, le banal devient exceptionnel et l'on va s'inventer des possibilités sémantiques ahurissantes pour conjurer les quarts d'heure entêtés, vides et non avenus. Après le mouton sacrifié et la défaite du club local, le café douteux à trente dinars, on parlera de quoi ?
Je te crois mon frère quand tu me parles de Don Quichotte, mais c'est de Cervantes qu'on doit traiter, de son séjour à Oran, de l'Espagne et de sa flotte perdue entre vagues et rochers et de cette autre cargaison de béliers vendus à quarante mille dinars la tête dans les souks en folie.
Ne doit-on pas aussi parler de l'avenir du cinéma engagé en ce temps d'indifférence tous azimuts, et du ciné club, en attendant que, du ciel, pleuvent des camions de paix et de nourriture terrestre ?
Ainsi soit-il !
Ouhibi Khaled SAIDI.
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