Bonjour, La honte. Malgré la mobilisation citoyenne et le rassemblement organisé par la société civile lundi soir, auquel j’étais présent au nom de foodwatch, l’Assemblée nationale, puis sans surprise le Sénat, ont tous deux voté la loi d’urgence agricole ces 20 et 21 juillet, avec la bénédiction du gouvernement, en particulier celle de la ministre de l’Agriculture et du Premier ministre. Cette loi Duplomb 2 est un boulevard pour l’agriculture industrielle et pour ses lobbies :
Nous le redirons autant de fois que nécessaire : cette loi « d’urgence agricole » est un véritable affront aux 2 millions de signataires de la pétition mobilisé·es contre la loi Duplomb à l’été 2025, mais pas seulement. Pour les paysannes et paysans, cette loi, présentée comme une réponse à leurs difficultés, ne répond en rien à leurs demandes : être payé·es à la hauteur de leur travail, être accompagné·es vers des systèmes agroécologiques, résilients au dérèglement climatique, respectueux du vivant et de la santé de toutes et tous. A l’inverse, le gouvernement, appuyé par les député·es de droite, d’extrême droite et d’une partie du centre, continue de mener notre agriculture et notre souveraineté alimentaire dans le mur en sacrifiant notre environnement et notre santé. A l’Assemblée nationale, voici à quoi ressemble la répartition du vote final de la loi, compilé par nos alliés de Générations Futures : |
Source : Assemblée nationale. Crédit : Générations futures. |
Notre mobilisation n’a pas été vaine, car elle a obligé les parlementaires à se positionner et au vu et au su de toutes et tous sur les sujets des pesticides et de l’eau, qui sont devenus incontournables. Les parties du centre se sont fracturés autour de la loi. La réintroduction des deux pesticides tueurs d’abeille n’a été possible que par une basse manœuvre du gouvernement et de la ministre de l’Agriculture qui a verrouillé dans les derniers instants toute possibilité de retirer cet article. |
Et maintenant, on fait quoi ?Après le passage de cette loi, les associations s’organisent maintenant pour formuler des recours auprès du Conseil constitutionnel, la loi ne respectant pas le principe de « non-régression environnementale » inscrite dans la Constitution. Partout, des luttes locales vont émerger autour de l’accaparement de l’eau. Creuser des bassines ne permet pas de créer de l’eau, ne donne pas le droit de privatiser cette ressource commune. Il faudra continuer partout à se battre pour en préserver la quantité et la qualité. Nous reviendrons aussi à la rentrée avec de nouvelles mobilisations sur les questions des pesticides au niveau européen, avec le projet de loi Omnibus dont nous vous avons parlé ces derniers mois, mais aussi sur les pesticides interdits d’usage en Europe qui reviennent en boomerang dans nos assiettes, dont nos tests avaient révélé la présence dans plusieurs produits. Si nous pouvons tenir tête et continuer d’agir, c’est grâce aux donatrices et donateurs qui font le choix de nous soutenir. Merci à vous ! | ||
Cette bataille est loin d’être terminée. Ne leur faisons pas le cadeau d’oublier qui a voté pour cette loi scandaleuse : les prochaines échéances électorales seront un moment important pour leur montrer que nous ne sommes pas dupes. Nous saurons nous souvenir quels partis politiques ont soutenu cette loi Duplomb 2 envers et contre tout, toutes et tous. Merci d'être à nos côtés dans ces combats, dans les moments de victoires comme dans les moments de défis comme celui-ci. |



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