jeudi 30 novembre 2023

Considérons, réfléchissons...

 




Quoi que l'on puisse dire, rien de ce qu'on affirme n'est jamais objectif, absolu. Car la moindre perception est déjà une interprétation, conditionnée, en premier lieu, par notre complexion physique et sensorielle, notre nature, par l'éventail de nos possibles (y compris d'ordre technologique). La physique quantique a même montré que jusqu'à l'approche mathématique, scientifique et hyper-logique ne pouvait pas totalement libérer l'Homme de l'effet que produit sa propre présence, en tant qu'observateur.

Changez de regard et les choses changent !






Dans le maquis des mots, c'est quelquefois si dur de trouver un vrai chemin qui tienne la route !






Dans la haine et dans la peur qu'inspirent parfois les femmes aux hommes ( et qui ont donné lieu, au plan social, à la misogynie) n'y aurait-il pas lieu de voir aussi - et, peut-être, d'abord - une terreur envers la nature, envers l'assujettissement de l'espèce humaine à celle-ci ?

La femme, de par les fonctions vitales, basiques auxquelles elle se trouve systématiquement associée dans les profondeurs de la psyché humaine (gestation, acte de la mise au monde, éveil du désir sexuel chez l'homme) souligne la survivance, chez l'être humain, d'une part d'"animalité". Or, l'animalité est ce dont l'Homme prétend (peu ou prou dans toutes les cultures) s'affranchir. Il la rejette et se prétend "au-dessus de la condition animale".

Dans toutes les cultures, on trouve trace d'une certaine croyance en la dualité corps/esprit, sans doute liée à la terreur maximale qu'inspirent la mort, la finitude.

Ce n'est sans doute pas un hasard, en tout cas, si c'est dans les religions dites "du Livre" et dans les sociétés les plus puritaines de la planète que la férocité anti-femmes se déchaine le plus (Etats-Unis, pays du Moyen-Orient musulman, Inde).






Attention, manipulation !

Est-il normal qu'en France, dès qu'on se propose d' aborder l'effet hautement néfaste de phénomènes historiques tels que l'esclavage et la colonisation, l'on s'entende assez vite -sinon dans l'instant, comme sous l'effet d'une brusque piqûre d'insecte -reprocher d'être atteint de "wokisme", quand ce n'est pas d'être le tenant d'une attitude dangereuse, "clivante" qui serait facteur de "division" à l'intérieur du peuple français, lequel doit à tout prix, par les temps qui courent, conserver son unité (est-ce à dire rester unanime ?...) ?

La même réaction - ou à peu près - accueille aussi ceux qui dénoncent les profits astronomiques des grandes entreprises. Toujours au nom du "Vivre ensemble".

Alors ? Le "Vivre ensemble" serait-il une autre version du consensus ? Du "Pas de vagues" (sinon, n'est-ce pas, nous risquons la "guerre civile") ou, encore mieux, du "Chacun reste à sa place !" ?






La politique n'est que mauvaise foi, manoeuvreries. La plupart de ses "débats" sont coquille vide. Seuls y croient les naïfs. 






Bien sûr, que l'on peut regarder tout "coup de pied dans la fourmilière" avec crainte. Ces actions, ces mouvements, ces "révolutions" (qu'ils s'avèrent ou non pacifistes) font violence à la société, au statu quo, à la routine si rassurante. Ils bousculent, ils malmènent le corps social, ils sont susceptibles d'ouvrir sur des turbulences. Ils ouvrent aussi sur la grande boite de Pandore de l'incertitude. Ils désorganisent (parfois),  l'Histoire, là-dessus, n'est pas avare d'exemples dont le souvenir reste, encore, vif.

Ainsi sommes-nous tous, plus ou moins, partagés entre notre désir d'un monde plus évolué, plus juste et notre autre tendance (innée) à maintenir le statu quo, dans la dimension qu'il a de paix garantie. Si bonne pour la "sécurité des personnes et des biens". Si excellente pour l'activité commerciale et économique.

Ce que l'on oublie, cependant, c'est que l'invention a un côté rebelle.






L'Occident n'est attaché à la mondialisation (qu'il a lui-même initiée en forçant toutes les autres cultures de la planète à entrer dans le vaste réseau commercial qu'il s'était assuré par la maitrise de toutes les mers) que dans la mesure où il contrôle entièrement celle-ci et où celle-ci sert ses intérêts propres.

Le mantra-prétexte de la première vague d'expansionnisme ouest-européen à visée hégémonique fut "La religion chrétienne" (en l'occurrence, catholique).

Le second, celui qui présida à la deuxième vague (celle du XIXe siècle, qui vit la formation des Empires coloniaux britannique, français et, accessoirement, néerlandais) fut la "mission civilisatrice", laquelle dura jusqu'aux années 1950 et, juste après, se prolongea, en dépit des contestations qu'elle essuyait, dans la notion mondialisante de "développement".

Il semble qu'aujourd'hui se  fasse jour un nouveau, un troisième mantra-mot d'ordre, celui de "démocratie".

Traversé entre les années 1960 et 1990 par des idées assez fortement marquées au sceau de l'humanisme des Lumières comme à celui d'un désir général de changement, de libération des peuples, des êtres qui l'ont amené, pour une large part, à se remettre lui-même en cause (idées "gauchistes", contre-culture, théologie catholique dite "de la libération", pacifisme, écologisme, mouvements des minorités) et à regarder les altérités avec davantage de sympathie. l'Occident se sent, désormais, menacé par l'extraordinaire dynamisme économique et commercial asiatique (en particulier, chinois) et par ses potentielles capacités à se muer en une ambition susceptible de lui faire concurrence, sinon même de le contrer au plan militaire et culturel.

A ses yeux, le leadership mondial doit demeurer une affaire de Blancs.

L'argument invoqué (car il en faut bien un) est ("reste", devrait-on dire plutôt) que "modernité" et démocratie n'appartiennent ni aux traditions extrême ou sud-asiatiques, ni au mode de pensée islamique, ni à celui des Africains ou des anciens "précolombiens" des Amériques.

Que voulez-vous...brillante civilisation et Droits de l'Homme ne sont pas à tout coup indissociables.

En fait (et dans le fond), l'Occident est toujours inapte à se penser en dehors de toute position hégémonique.

La toute-puissance, la certitude d'AVOIR RAISON demeurent ses fétiches.

Elite du genre humain, il s'imagine représenter l'humanité dans sa quintessence.

Une quintessence qu'il se figure sans possibilité de partage.






Nous vivons une époque de réaction. Où les gens cherchent à se raccrocher au passé. Parce que le passé est STABLE. Parce qu'ils baignent dans une insécurité sociale, mentale et même matérielle qui les déstabilise profondément et que la plupart d'entre eux ne sont pas assez "forts" ni assez agiles d'esprit pour surmonter. 

Tout changement exige des filets de sécurité.

Dans les années d'après Seconde guerre mondiale (années 1960/1970, et même 1980/1990), on croyait encore pleinement au "progrès", à la "Marche de l'Histoire" sous la houlette de la "modernité" triomphante.

A présent, l'effarante vitesse des mutations technologiques et l'accumulation des problèmes d'ordre environnemental, démographiques et sanitaire, jointes au vieillissement manifeste des populations les plus en pointe au plan des avancées tant technologiques que sociétales entrainent une rigidification, un "cabrement" réactionnel.

Sans trop tomber dans le travers de la généralité réductrice, il est quand même connu que les personnes jeunes ont l'âme plus ouverte, plus généreuse, plus aventureuse et plus plastique que ne l'est celle des seniors.








P. Laranco.









Bobby PAUL (Haïti).

 











QUELLE DOUCE SURPRISE



ivre, pour tuer le temps
je suis à la gare
les trains arrivent
comme à l'ordinaire
les autobus aussi
ils m'apportent tous
leurs cargaisons
de voix muettes
de regards vides
et de silences bruyants
je suis seul en moi
assis sur un banc
de nulle part tu arrives
sans dire un mot
avec tes hanches
tu as salué mon attente


















Bobby PAUL.

2023.






























mardi 28 novembre 2023

Un poème de Elbeau CARLYNX (Haïti).

 







Fallait-il partir à l’espoir
Fallait-il rester à ses nœuds épuisés



s’envolent
s’envolent les oiseaux
laissant leurs racines douloureuses
leur coin de misère
ce pays où l’on kidnappe leurs rêves
pour des havres de paix
des havres d’amour
terres de neige
d’utopies sédentaires



s’envolent
s’enrôlent les oiseaux
dans l’errance
laissant cette patrie où l’on prend en otage
leur avenir
pour des horizons cléments
des contrées colorées
territoires de fantasmes



Fallait-il partir à l’espoir
Fallait-il rester à ses nœuds épuisés



Printemps des exils



S’il le pouvait
il partirait aussi avec eux à l’aube
ce pays meurtri
balluchon creux de souvenirs
sauver sa peau
sauver ses rêves
Haïti de tous les maux
de tous les supplices



Mais à quand l’éveil
le rapatriement des consciences
le grand retour
des gouverneurs de la rosée ?




















Elbeau CARLYNX.


















Canada (AMNESTY INTERNATIONAL FRANCE) : Stop à la criminalisation et à la destruction des terres des WET'SUWET'EN !

 






Au Canada, stop à la criminalisation et à la destruction des terres des Wet’suwet’en !  


L’entreprise TC Énergie soutenue par les gouvernements canadiens et de la Colombie-Britannique  a entamé la construction d’un gazoduc sur les terres wet’suwet’en sans respecter le droit de contrôle des peuples sur l’utilisation de leurs terres ancestrales. Opposé.e.s au projet, les défenseur.e.s de la terre wet’suwet’en sont harcelé.e.s, intimidé.e.s et illégalement arrêtés.e.Nous devons porter leur combat à l’international. Soutenez-les !

Surveillances ciblées, harcèlements, intimidations et arrestations illégales... Les défenseur.e.s de l’environnement de la nation wet’suwet’en sont violemment réprimés par la société privée chargée de la sécurité du gazoduc Coastal GasLink et la Gendarmerie Royale Canadienne (GRC). Depuis 2021, vingt défenseur.e.s des droits de l’environnement ont été accusés d’outrage. Parmi eux, 9 risquent la prison dont l’une des cheffes wet’suwet’en Molly Wickam. Leur jugement se déroulent d’avril 2023 à janvier 2024.

La nation wet’suwet’en a le droit de décider de décider des formes d’occupation et d’utilisation envisagées sur ses terres ancestrales. Ses membres ont le droit de vivre en sécurité et la poursuite des travaux de construction du gazoduc est illégale et contraire à l’éthique.

Les Wet’suwets’en, avec leurs moyens, tâchent de défendre leur terre, leur culture, contre des géants surpuissants. Avec nos moyens, avec la force de frappe de la solidarité internationale, accompagnons les dans leur combat, pour qu’il devienne celui de toutes et tous.

Pour l’abandon immédiat des poursuites engagées contre les défenseur.e.s de la terre qui s’opposent à la construction du gazoduc Coastal GasLink et que cesse l’exploitation des terres des Wet’suwet’en sans leur consentement préalable, libre et éclairé, interpellez les autorités canadiennes en signant notre pétition.


SIGNER LA PÉTITION

Ministre de la Colombie britannique David Eby
Les poursuites engagées contre les Wet’suwet’ens doivent être abandonnées !

Amnesty International France protège vos données et vous tiendra informé(e) des futures campagnes.

Conformément à la loi informatique et Libertés du 6 janvier 1978, vous disposez, en vous adressant au siège d'Amnesty International France, 76 boulevard de la Villette 75940 Paris, d'un droit d'accès, de rectification et d'opposition aux informations vous concernant.



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dimanche 26 novembre 2023

Edith BERTHUIT (France).

 


Un matin frais, des champs glacés
Des bêtes trempées
La tête froide
Cheveux en fils de laine
Brouillard dans les projets



Ça roule et gicle sur les avenues
Les dieux manquent au bonheur
Petites oranges patraques



Des voix qui pigeonnent nos brumes fragiles
Écureuils de miel brisés par le froid
Le givre monte doucement
Ici et maintenant
Entre tout et pas grand-chose



Les doigts éperdus ne claquent plus
Les nuages collent sur la table
Étincelles éteintes d’avoir couru
La peur au coin du cerveau



Attendre encore pour vivre ?
Laisser demain comme aujourd’hui ?
Ou se redresser ?



Nous sommes le feu
Qu’ils deviennent le bois



Un jour, le loup déchiqueté par le chien
Un jour, embrocher le ciel
L’issue







Edith BERTHUIT.
Novembre 2015.
























vendredi 24 novembre 2023

Gillian GENEVIEVE (Moris) ne connait pas le silence.

 


Je ne connais pas le silence.
En moi un cœur bat.
En moi le sang est en crue.
En moi le souffle attise le brasier.
En moi la lumière alimente l’incendie, mettant en branle le corps et l’esprit.
En moi règnent le vacarme, le désir jamais discret.
En moi coulent rivières de larmes sous le recel des mots.
En moi survient l’amour.
En moi survit l’écho de la vie.
Alors, non, je ne connais pas le silence.

















Gillian GENEVIEVE.