Il y a des jours comme ça où la nuit a été trop courte, où l’arrivée de l’hiver et du froid a désassemblé les morceaux de soi-même et où le courage manque pour sortir de son lit.
Il y a des jours comme ça où il y a un trop plein de travail et où le manque de douceur vous pousse à penser qu’il ne faut plus penser et que dormir est le seul refuge où il est possible de se retrouver.
Il y a des jours comme ça où ses yeux sont encore remplis du manque de sommeil de la veille, où elle baille à chaque instant, où dans son regard je retrouve ces morceaux de rêves inachevés, fragmentés par une nuit agitée.
Aujourd’hui, tôt, quand je l’ai revue, elle était dans cet état. Presque second. Où, entre deux mots, je voyais dans ses yeux l’envie de retrouver son lit, l’envie de dormir sans discontinuer des heures durant.
Elle est entrée dans la voiture avec tout cela peint sur son visage. J’ai souri car c’était comme si c’était la première fois que je la voyais.
Je n’ai pu alors m’empêcher de me dire que le poème était inévitable puisque dans la lumière paresseuse de ce matin, en périphérie de tout le reste, je ne pouvais plus que la voir, elle, belle aussi bien de ces 6747 jours qu’elle aura vécus jusqu’à maintenant que de ces jours qui l’attendent au carrefour du temps et du devenir.
Ma force, aujourd’hui, je l’ai volée dans ses yeux, sur ses lèvres, sur tout son visage, dans la fièvre de la beauté retrouvée.
Pour tout vous dire, ce matin, lecteurs, quand elle est rentrée dans la voiture, je l’ai trouvée terriblement belle.
Il n’y a rien d’autre à ajouter.
Gillian GENEVIEVE.
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