La créativité fascine. N’est-elle pas, au vu de toutes les
découvertes de ces cinq dernières décennies, ce qui distingue le plus
fondamentalement l’Homme des autres animaux, y compris ses plus proches
cousins, les singes anthropoïdes ?
Et cependant, elle demeure très mystérieuse, très malaisée à
cerner de façon strictement scientifique.
Ce livre est aride, comme tout bon manuel universitaire de sciences
sociales qui se respecte. Son approche est celle de la psychologie
expérimentale, laquelle, elle-même, se base sur des tests menés sur des groupes
d’individus. Les toutes premières recherches rigoureuses concernant la
créativité sont relativement récentes, puisqu’elles remontent seulement aux
années 1950.
Malgré la particulière complexité du phénomène qu’elles prennent
pour cible, elles se sont considérablement affinées aux cours des décennies,
jusqu’à nos jours.
D’abord, elles ont su dégager une définition consensuelle de la créativité. LA CREATIVITE EST LA CAPACITE A REALISER UNE PRODUCTION QUI SOIT A LA
FOIS NOUVELLE ET ADAPTEE AU CONTEXTE DANS LEQUEL ELLE SE MANIFESTE.L’acte
créatif, d’autre part, est censé demander un travail ardu et intentionnel.
Toutefois, il faut bien garder à l’esprit, en même temps, qu’il n’existe pas de norme absolue pour juger
de la créativité d’une production.
Pour Lubart, qui a choisi ce qu’il dénomme lui-même une approche multivariée, […] la créativité dépend de facteurs COGNITIFS,
CONATIFS, EMOTIONNELS et ENVIRONNEMENTAUX. C’est dire si les choses sont
complexes mais en même temps, passionnantes.
L’individu créatif se signale par sa capacité à trouver des problèmes et à remettre les
choses en question.
Envisager
d’anciennes questions sous un autre angle, comme disait Albert
EINSTEIN.
La « visualisation »
de la pensée peut être, dans ce contexte, particulièrement utile, pour la bonne raison que […] les images […] peuvent être manipulées
rapidement et ne présentent pas les limites bien définies des représentations
verbales.
L’individu créatif doit pouvoir également bénéficier de […] la possibilité de relever dans
l’environnement une [ou plusieurs]
information[s] en rapport avec le
problème à résoudre. C’est ce qui explique l’étrange phénomène, cependant
fréquemment noté, selon lequel […] la
personne créative peut voir ce que tout le monde ne voit pas.
De même, elle a à son actif une autre capacité assez étonnante,
celle de la comparaison sélective.
L’analogie, la métaphore sont, ainsi, souvent
considérées comme un point de départ pour la pensée créative. En ce sens,
le bon vieil Aristote, qui proclamait La
métaphore, perception de ressemblances dans les différences, est le signe du
génie ne s’était guère trompé, d’où cette citation, qui a, dans le manuel
de Todd Lubart, toute sa place.
En matière de créativité, insiste bien celui-ci, […] la pensée analogique et métaphorique,
encore dénommée par lui principe de
corrélation est un
mécanisme-clé. L’étape suivante, celle qui succède à la comparaison, est celle de la combinaison. Elle consiste à […] réunir les éléments de connaissance
éloignés pour former de nouvelles combinaisons.
Mais il existe un élément essentiel, central, incontournable au
processus créatif : LA PENSEE DIVERGENTE. Elle consiste à […] rechercher de manière
pluridirectionnelle de nombreuses idées ou réponses à partir d’un simple [et
unique] point de départ. Ainsi, […] plusieurs idées différentes peuvent être
générées, et il existera […] plusieurs éventualités à considérer et plusieurs
pistes à essayer ; ce qui bien évidemment augmentera considérablement la probabilité de trouver une idée nouvelle
et adaptée.
La quantité est donc, dans le cas qui nous occupe, mère de la
qualité !
Foisonnement d’idées + sélection résument ce processus. C’est
ici qu’intervient l’importance d’une capacité complémentaire : celle d’évaluer des idées et [de] choisir celles à poursuivre et celles à
écarter.
Il n’existe d’autre part pas de créativité sans FLEXIBILITE mentale.
Ce que Lubart désigne sous le vocable de flexibilité, ce n’est
autre que […] l’aptitude à appréhender un
seul objet, une seule idée, sous des angles différents, couplée à la sensibilité au changement et à la capacité à se dégager d’une idée
initiale pour explorer de nouvelles pistes.
D’autres ont dénommé cela « l’ouverture d’esprit ».
Cela implique, bien sûr, mobilité
et souplesse de la pensée.
Et cela nous amène, sans aucun doute, à une nouvelle
question : quel rapport entretiennent les capacités créatives et le fameux
QI (dont la mesure, rappelons-le, est bien antérieure aux tests relatifs aux
facultés d’ordre créatif) ? Assez récemment, on a mené des travaux qui ont
quelque peu contribué à éclairer le problème.
Conclusions de Todd Lubart : […] les personnes créatives tendent à avoir un QI supérieur à celui de
la moyenne.
Mais attention ! Cela ne veut pas pour autant dire que
toute personne possédant un QI élevé ou relativement élevé sera obligatoirement
un individu créatif.
En
revanche, tranche Lubart, si
quelqu’un a un faible QI, il va avoir un niveau faible de créativité même s’il
a les traits de personnalité nécessaires, corrélés à la créativité.
En un mot, le QI est nécessaire, mais nullement suffisant.
La créativité ne peut pas non plus se dispenser de connaissance.
Sur ce plan, nombre d’auteurs sont formels : […] la créativité ne peut s’exercer qu’à partir d’un certain niveau de
connaissances. En effet, Les
connaissances permettent, d’abord, de comprendre les situations et de ne pas
réinventer ce qui existe déjà. La connaissance aide également à prendre en
compte et à tirer parti des événements observés par hasard ; en outre, par
la maîtrise de certains aspects d’une tâche, elle permet de focaliser sa pensée
sur les aspects nouveaux de cette tâche.
On ne peut plus logique, me direz-vous !
Toutefois, si la connaissance est, de toute évidence, comme nous
venons de le voir, indispensable à la créativité, elle peut parfois avoir [également] sur cette dernière des effets
négatifs.
Elle est, en effet, susceptible de réduire la souplesse de la pensée et, par conséquent, de favoriser
une certaine rigidité mentale.
Fréquemment, les gens ont tendance à s’accrocher à ce qu’ils
savent par éducation ou par expérience. La nouveauté déstabilise, et l’inconnu
effraie. On a même été jusqu’à faire, à la faveur de tests, le constat que les
personnes qui obtenaient les meilleurs résultats dans le domaine créatif
n’avaient atteint, au cours de leur parcours scolaire, qu’un niveau moyen d’étude. Le chercheur B. F SKINNER résumait cet
état de fait à sa façon : il y a
ceux qui lisent et il y a ceux qui produisent. Moralité : « ayez
des connaissances, mais surtout, n’en devenez pas l’esclave ! » - ou
encore : « les maîtres sont bons et indispensables, mais ils doivent
être dépassés ».
La créativité ne va, par ailleurs, pas sans certains traits de
personnalité, que l’on a commencé à identifier dès les années 1920.
En 1998, un spécialiste nommé FEIST en est arrivé à conclure que
les personnes créatives ont tendance à
être plus ouvertes aux nouvelles expériences, à avoir plus confiance en elles,
à être moins conventionnelles et moins consciencieuses que la population
standard. Elles seraient de plus ambitieuses, dominantes, hostiles et
impulsives. Feist note également certaines différences entre les artistes et
les scientifiques. Ainsi, les artistes auraient tendance à être affectifs,
instables au niveau émotionnel, et antisociaux alors que les scientifiques
seraient les plus consciencieux.
De façon plus précise encore, les diverses recherches sont
parvenues à isoler six traits qui
présentent avec la créativité, des relations particulièrement significatives. En premier lieu,
l’auteur cite LA PERSEVERANCE, laquelle aide à surmonter les multiples
difficultés et obstacles.
Tout travail, quelque soit sa nature, implique forcément un
effort ; dans le cas du travail créatif, une dimension de défi vient
encore s’y ajouter.
En second lieu, Lubart cite LA
TOLERANCE A L’AMBIGUITE, qu’il définit comme la faculté que possède (ou
non) une personne d’accepter et/ou de désirer les idées, les stimuli, les situations ambigües […]. Cette faculté
rend sensiblement plus apte à traiter et à gérer des problèmes complexes, car elle écarte les solutions réductrices,
hâtives, incomplètes et, de ce fait, permet d’aller bien davantage au fond des choses. Elle est, selon les
spécialistes, très fortement liée à la flexibilité.
En troisième position, Lubart place l’ouverture aux nouvelles expériences. Cette tendance se manifeste
notamment par une dose notable de curiosité
vis-à-vis du monde extérieur et du monde intérieur. Elle interagit avec le processus de pensée
divergente pour rendre la production créative possible.
Mais il est un autre facteur qui a lui aussi son
importance : L’INDIVIDUALISME.
Une individualité bien affirmée est en effet souvent la garantie
de l’indépendance de jugement et, par
conséquent, de la faculté de penser par soi-même.
Un peu dans un même ordre d’idées, La tendance à PRENDRE DES RISQUES est nécessairement impliquée d’une
manière ou d’une autre dans la production d’idées qui, par essence […] se démarquent des idées habituelles du groupe
auquel on appartient, de ses règles, de ses coutumes.
A toute cette série de traits de personnalité déterminants vient
s’ajouter, en outre, en sixième et dernière position, ce que l’auteur désigne
sous le qualificatif de PSYCHOTISME.
Plusieurs
études le désignent comme, lui aussi, lié à la créativité. C’est un trait qui concerne le rapport
qu’entretient l’individu avec le monde réel. Il peut être mis en relation avec l’agressivité, l’hostilité et
l’égocentrisme. En excès, il est susceptible de dégénérer en troubles de
nature carrément psychotique.
On l’a bien vu, par exemple, chez des individus tels que
Nietzsche, Balzac, Antonin Artaud, Camille Claudel, Vincent Van Gogh, Virginia
Woolf, Kurt Gödel, John Nash, ou encore Philip K. Dick…
Le psychotisme induit une certaine propension à développer des associations lointaines et
parfois étranges, lesquelles, lorsqu’elles
sont maîtrisées, peuvent conférer à la créativité d’une personne un
caractère particulièrement étonnant, et inédit.
Dans le registre que les psychologues nomment les styles cognitifs (traduisez : les préférences de l’individu pour un mode
donné de traitement de l’information), la créativité aurait nettement plus
d’affinités avec le STYLE GLOBAL
(tendance à se focaliser sur les aspects
généraux d’une tâche ou d’un problème, pour en extraire l’essence) qu’avec
le « style de travail minutieux »
qui lui, se focalise sur les moindres détails. Les créatifs ont une grande
largeur de vue.
Ils s’appuient également de façon fréquente sur l’INTUITION,
laquelle, selon la définition des psychologues, consisterait en un processus de pensée subconscient de mise en
relation d’informations diverses […] ou encore en la perception préliminaire d’une cohérence (pattern, sens, structure) qui
guide la pensée.
Un autre aspect conatif de la créativité est la MOTIVATION. Elle se
manifeste sous deux formes, aux origines différentes, que définit fort bien
Lubart : La motivation intrinsèque
réfère à des moteurs ou à des désirs internes [propres à l’individu] qui sont satisfaits par l’accomplissement
de la tâche ; le créatif parlera alors de « passion », de
« nécessité », d’intense plaisir, voire d’obsession, de chose
essentielle, centrale dans sa vie. A côté de cet aspect-là, la motivation extrinsèque se rapporte pour
sa part à ce qu’on pourrait appeler le besoin de reconnaissance, une fois la
tâche accomplie (gains financiers, célébrité, récompenses, etc.).
Il semblerait que la motivation de type intrinsèque soit, en
termes de créativité, beaucoup plus stimulante que la motivation de nature
extrinsèque. La créativité, c’est, d’abord, un plaisir ; une sorte de pulsion.
Mais l’ambition, le souci d’excellence, le perfectionnisme et la « rage de
vaincre » peuvent aussi jouer. Ce sont tous des formes de l’exigence
envers soi-même et envers l’œuvre.
Qu’en est-il, d’autre part, du rapport entre la disposition
créative et l’émotion (ou les émotions) ? D’après nombre de chercheurs, la
dernière favoriserait la première.
Par exemple, les
expériences émotionnelles pourraient […] permettre d’établir une passerelle
associative entre deux concepts cognitivement distants mais émotionnellement
proches et […] des critères
émotionnels pourraient également servir à sélectionner [les idées] les plus
prometteuses (Poincaré, 1908). Il existe des approches expérimentales qui consistent à tester les effets d’un état émotionnel (ou d’une humeur), positif ou
négatif […] sur la performance à des tâches de créativité.
Toutefois, il faut avouer que dans l’état actuel des choses, les
résultats de toutes ces recherches se révèlent assez peu propices à des
interprétations franches et nettes.
Certaines recherches ont permis de constater l’effet bénéfique
de l’émotion positive : cette
dernière agirait sur l’attention de
l’individu et faciliterait donc la
perception des différents aspects et qualités des objets présents dans la tâche.
L’effet des émotions positives sur la
créativité survient grâce à la sécrétion de DOPAMINE. Mais tout le monde
n’est pas d’accord avec cette vision des choses. Pour d’autres chercheurs, tout
au contraire, une émotion positive
contrarie la résolution de problèmes alors […] qu’une émotion négative la
favorise. L’explication donnée est que […]
les émotions positives « signalent » aux individus qu’ils sont dans
une position satisfaisante ; dès lors, ils se sentent moins contraints de
faire des efforts cognitifs. Ainsi, dans une tâche créative, la fluidité de
l’individu diminue. Dit d’une manière moins savante, la difficulté stimule,
l’insatisfaction donne envie d’aller plus loin, alors que l’autosatisfaction
prédispose plutôt à un désir de prolonger, de maintenir l’état existant, d’où
une certaine tendance à l’inertie, au conservatisme. La négativité serait la
mère du changement, et l’évolution une réponse à des situations problématiques
ou difficiles. Néanmoins, un autre chercheur, nommé KAUFMANN, a pu observer,
lors d’expériences menées en 1997, que, dans
une tâche de pensée divergente, les individus en situation émotionnelle
positive émettaient davantage d’idées que ceux en situation négative.
D’autre part, […] les
individus dans un état émotionnel positif sont plus intéressés et prennent plus
de plaisir à réaliser la tâche que les individus dans un état émotionnel
négatif.
Il ne faut, bien sûr, pas sous-estimer le rôle du plaisir associé à la tâche.
L’état émotionnel positif a donc, en définitive, un effet puissant, et on peut dire qu’il favorise fortement la créativité. La
raison principale en est qu’il induit, chez les individus, une certaine décontraction.
Pour autant, une autre expérience, menée en 1996 par une autre
équipe, a quelque peu nuancé ces résultats : ses conclusions ?
L’humeur neutre est singulièrement
peu propice à la créativité. En revanche, les humeurs correspondant à la joie et à la dépression ont des performances
créatives […] significativement plus
importantes, en comparaison. Plus surprenant encore : […] le changement d’état émotionnel, quelle
que soit la condition (joie ou dépression) favorise la créativité !
Force est bien de le constater : émotion et créativité
entretiennent des relations complexes
et donc, passablement difficiles à débrouiller.
Pour l’instant – et dans l’état actuel des connaissances et des
recherches – on ne peut que se contenter d’affirmer, avec Todd Lubart, qu’Il n’existerait donc pas un seul et unique
processus sous-tendant les relations entre les
expériences
émotionnelles
et la créativité, mais plusieurs mécanismes complexes, dont l’émergence
dépendrait d’un certain nombre de variables contextuelles.
Par ailleurs, Le modèle de
RESONANCE EMOTIONNELLE [élaboré, entre autres, par Lubart] propose que les aspects émotionnels des
expériences passées contribuent à l’accès et à l’association créative de
concepts, émotionnellement proches
même s’ils sont cognitivement
distants ; il y a, bien évidemment, en la matière, de grandes
variations liées à la nature de chaque individu et à son histoire.
Lubart n’hésite pas à affirmer, à ce propos, que la richesse des représentations
émotionnelles […] joue un rôle essentiel dans la pensée créative, en
particulier la forme de pensée associative liée à l’originalité. Sans intelligence émotionnelle, sans compréhension des émotions, donc, pas de
création !
L’ouvrage aborde ensuite l’influence
exercée par l’ENVIRONNEMENT sur les aptitudes créatives.
D’entrée de jeu, Lubart est formel : L’environnement exerce un rôle clé à la fois dans le développement
des capacités créatives et dans les diverses formes que peut prendre
l’expression créative.
Pour commencer, […] l’environnement
familial doit être psychologiquement étayant , nourrissant et relativement
non critique à l’égard de l’enfant qui se développe. Et pourtant une autre
vision des choses (basée sur certaines
études), soutient pour sa part que la créativité se trouve, tout au
contraire, hautement stimulée par les obstacles
et les contraintes que le cercle familial opposerait à l’enfant.
[…]
pour devenir créatif, l’enfant doit apprendre à surmonter les difficultés et à
être indépendant, les cas d’individus
ayant un niveau élevé de créativité provenant de foyers en difficulté ou pauvres en soutien émotionnel (familles
éclatées, parents rejetants) sont en effet loin d’être rares.
D’après un dénommé LAUTREY, […]
les environnements les plus contraignants comme […] les plus laxistes ne sont
pas favorables au développement cognitif. L’environnement le plus stimulant
s’avère être celui qui fournit à la fois des régularités (donc des contraintes)
et des perturbations introduisant de la souplesse dans les règles de vie et les
habitudes. En effet, […] les
environnements familiaux […] rigides peuvent donner aux enfants la
représentation d’un monde statique, dans lequel les choses sont ainsi parce
qu’elles doivent être ainsi, et sont donc impossibles à remettre en question, alors qu’à
l’inverse, un environnement peu structuré
et laxiste peut […] être source
d’instabilité, de désorganisation, ne permettant pas à l’enfant de maintenir
une continuité dans le cours de sa pensée. Les études menées ont également
porté sur le niveau socio-professionnel de la famille. D’après ce qui s’en est
dégagé, le niveau socio-professionnel des
parents est lié positivement à la performance dans les tâches de pensée
divergente. Il serait également lié
au type de structuration familiale, avec une structuration souple plus
volontiers associée à un niveau
socio-professionnel élevé, et une structuration rigide plus volontiers associée à un niveau socio-professionnel bas
[…].
Le rang occupé par l’enfant à l’intérieur de la fratrie aurait
aussi un certain poids ; il influerait en tout cas sur certains traits de personnalité :
ainsi, les premiers nés seraient
généralement plus responsables, organisés et efficaces que les puinés, alors
que ces derniers apparaitraient comme plus sociables et plus ouverts aux
expériences nouvelles que leurs ainés.
Il est un autre milieu qui a aussi son importance : le
milieu scolaire. Lubart avertit : […]
l’école, comme le lieu de travail, peuvent […] représenter un frein
considérable à la créativité.
Commençons par l’école : Plusieurs études empiriques ont montré que les enseignants peuvent
avoir une conception particulière de l’élève idéal, valorisant l’obéissance et
le conformisme au détriment de traits tels que la curiosité ou l’indépendance.
L’élève idéal est souvent un enfant qui suit les consignes et travaille de façon silencieuse. Par ailleurs, les écoles traditionnelles ont
tendance à valoriser […] des règles relativement fixes (pour maintenir
l’ordre). Les connaissances sont enseignées en unités discrètes, peu liées
entre elles, et la performance est évaluée par des épreuves de rappel et de
pensée convergente […]. Le principe
même de l’évaluation à l’école ne semble pas non plus favoriser la prise de
risque en situation scolaire.
Nous l’avons compris, L’école
favorise souvent la pensée convergente et, En termes de connaissance, l’information [y] est souvent transmise de façon compartimentée en insistant sur la
mémorisation et le rappel […]. Certaines études ont bien montré que les enseignants favorisaient la
tranquillité, les attitudes conformistes plutôt que la provocation
intellectuelle qui pourrait remettre en question l’autorité du professeur.
Torrance
(1968) et d’autres auteurs ont [même] suggéré que certaines baisses de performance soudaines mais
temporaires dans les tâches créatives de pensée divergente, observées entre 6
et 13 ans dans des études développementales, pouvaient s’expliquer par des
circonstances scolaires.
En ce qui concerne le
milieu professionnel, c’est encore pire. Les conditions propices à l’expression
de la créativité sont, certes, en théorie, possibles mais, dans la pratique, rarement réunies dans un contexte
professionnel, d’où, sans doute, la tendance très marquée que manifestent
les créatifs à créer leurs propres entreprises. Le milieu du travail comporte
beaucoup trop de hiérarchies hyper-rigides et de contraintes.
Toutes les sociétés humaines, toutes les cultures possèdent leur
dimension créative, ça va de soi.
Cependant, à chaque
culture correspond une conception […] de l’acte créatif qui lui est propre.
A titre d’exemple, Lubart oppose la
« perspective occidentale »
de la création, laquelle,
affirme-t-il, sous-tend un mouvement
linéaire vers un point nouveau et la vision indienne ou extrême-orientale
de la créativité.
La
conception orientale de la créativité n’est pas marquée par un commencement et
une fin, mais plutôt par le déroulement ou le développement d’un processus
permanent […] fait de reconfigurations successives d’un tout initial, de
réinterprétations d’idées traditionnelles sans qu’il y ait rupture.
La quantité d’activités
créatives dépend énormément des contextes
culturels.
Les
valeurs transmises par l’environnement culturel stimulent ou réfrènent
l’activité créative, en particulier selon L’IMPORTANCE DONNEE A L’INDIVIDU OU A
LA COLLECTIVITE.
En Orient, par exemple, se démarquer trop ouvertement des autres
est plutôt mal vu – et la place donnée au
respect des traditions joue un assez grand rôle.
D’une façon plus générale, la créativité s’accommode mal du
conformisme et encore plus mal du dogmatisme.
N’oubliez pas non plus qu’Une
culture peut « parfaitement » encourager la créativité dans certaines
situations […] sur certains sujets et chez certaines catégories sociales
(notamment en fonction du sexe, de l’âge ou de l’appartenance de classe) ou au contraire l’interdire de façon
catégorique. Voilà qui, par exemple, pourrait fort bien nous donner une
explication – du moins partielle – du si dérisoire nombre de femmes créatives
dont l’histoire humaine a perpétué le souvenir.
Bien entendu, la technologie a un grand impact sur l’activité
créative. Des possibilités technologiques
nouvelles ont provoqué dans plusieurs domaines des changements notables quant à
la façon d’aborder une tâche créative. De plus, ces nouveaux outils ont parfois
donné lieu à des découvertes scientifiques et des formes d’expression nouvelles.
C’est presque une lapalissade : créativité et technologie avancent main
dans la main.
Mais attention, tout de même, à l’usage qui est fait de la
technologie !
Internet, par exemple pourrait être utilisé à des fins d’efficacité et de rentabilité
favorisant uniquement le consumérisme et l’hédonisme qui nuiraient gravement
aux capacités d’exploration et de réflexion […], sans lesquelles la créativité ne peut exister.
De son côté, la télévision nous rend esclaves de l’image, d’une
image qui s’impose à nous. Elle nous incite, c’est déjà bien connu, à une
certaine passivité, à une paresse d’esprit superficielle. Regarder la télévision conduirait donc à encourager un style de pensée
faiblement caractérisé par la réflexion […].
Dans
leur majorité, [les] recherches réfutent
l’idée de la télévision comme stimulant de l’activité créative.
A la base de tout processus créatif, il y a un PROBLEME, ou, si
vous préférez, une QUESTION, une CONSTATATION.
[…]
DUDEK et CÔTE (1994) ont décrit le processus de découverte du problème, dans
le domaine artistique, comme un effort interne pour clore une discussion,
exprimer ses émotions, ou extérioriser un état intérieur. Dans le
domaine scientifique, la formulation du problème a plutôt été définie comme
la découverte de failles ou de contradictions dans les connaissances
acquises, comme la reconnaissance que l’objectif n’est pas atteint, ou
encore que les observations ne cadrent pas avec un modèle mental existant.
Lubart le souligne avec force : […] il peut y avoir plusieurs chemins aboutissant à une production
créative […] ; tant selon le domaine
du travail à réaliser que selon les caractéristiques
individuelles de la personne qui le réalise.
On sait à présent que la créativité est une faculté humaine qui
se manifeste dès l’enfance. En 1968, le chercher TORRANCE s’est
particulièrement intéressé à l’évolution qui touchait la créativité infantile.
Il a, ainsi, eu l’occasion de discerner, au fil de ses observations, trois périodes de déclin dans la créativité
des enfants, la première se situant vers
l’âge de 5 ans, la seconde vers 9-10
ans, et la troisième vers 13 ans.
On a constaté, par exemple, que le score
moyen [de créativité] en maternelle était quasiment deux fois supérieur au [même] score au CP.
Vers 9-10 ans, la chute de
la créativité observée dans de nombreux pays pourrait
[selon ce que soupçonnent certains spécialistes] être liée à l’émergence, à cet âge, de certaines capacités de
raisonnement logique.
Voilà qui a de quoi paraître pour le moins paradoxal – si ce n’est étrange, fascinant. La créativité et la
logique, d’une certaine façon, s’excluraient-elles ?
Il
s’avère que, vers 9 ans, certains enfants cherchent à se conformer plus
étroitement aux normes, règles et conventions de « réalité » dans
divers aspects de leur vie (à l’école, dans les jeux, etc.). Le développement
des capacités d’évaluation, couplé à cette « orientation vers le réel »,
pourrait donc constituer [aussi]
une explication de l’affaiblissement de la créativité vers 9 ans.
Vers 13 ans, la chute de créativité apparait comme assez
fortement corrélée à des phénomènes de
conformisme social.
Et chez l’adulte ?
En
général, la quantité de productions augmente rapidement avec l’âge pour
atteindre un sommet situé en moyenne autour de quarante ans. Ensuite, la
productivité décroit lentement, s’approchant vers la fin de vie d’une valeur
correspondant en moyenne à la moitié du point d’activité maximal. […] Dans
certains domaines, tels que la recherche en mathématique, les années les plus
productives sont souvent les premières années de vie adulte (atteignant leur
pic vers 30 ans en moyenne), l’activité décroît rapidement avec l’âge,
s’approchant d’une asymptote équivalente à ¼ de la productivité maximale. En
revanche, dans des domaines tels que l’Histoire ou la philosophie, l’activité
atteint son sommet plus tardivement (autour de 50 ans) et la pente qui s’ensuit
est beaucoup plus faible.
En matière de qualité des
productions créatives d’adultes, il s’avèrerait qu’une productivité intense
favoriserait de manière significative l’émergence d’œuvres plus élaborées, de
plus de poids. Plus on travaille, plus on a des chances d’améliorer sa
production.
L’analyse
des productions créatives suggère d’autre part que leur forme et leur substance
varient avec l’âge. […] Pendant les premières années de vie adulte, la
créativité serait plus intense, conduisant à des œuvres empreintes de
spontanéité ainsi que de remise en cause des valeurs traditionnelles dans leur champ d’expression. Les créateurs
plus âgés, vers quarante ans et après, se caractériseraient par des productions
plus réfléchies. […] l’âge moyen auquel les poètes produisent leurs œuvres les
plus remarquées […] est significativement plus précoce que celui des
créateurs s’exprimant par le roman ou plus généralement par des œuvres en prose.
Il faut également signaler l’existence d’un style du troisième âge, qui possède ses propres
caractéristiques : ses productions
tendent à s’appuyer de préférence sur l’expérience subjective plutôt
qu’objective et privilégient le point
de vue introspectif, l’intériorité de l’être. Les thèmes tournant autour de
l’âge et questionnant le sens de la vie
y sont sensiblement présents.
A ces variations dans la
créativité qui se manifestent tout au long de l’âge adulte des êtres
humains, les psychologues n’ont pas manqué de trouver un certain nombre de
raisons : Du côté positif, les
travaux ont montré que les processus tels que la définition des problèmes, la
sélection des stratégies, l’encodage, la comparaison et la combinaison
sélective deviendraient plus efficaces avec l’âge. De même [que] la pensée dialectique, qui se développerait […]. Néanmoins, a
contrario, Des travaux ont montré
notamment que la flexibilité mentale (la capacité à faire face à des situations
d’un genre nouveau), la pensée divergente et l’attention sélective étaient
affectées par le vieillissement […] , dont, de toute façon, L’effet le plus remarquable sur les
aptitudes intellectuelles consiste en un ralentissement général des capacités
de traitement de l’information […] .
Il n’empêche que Chez les
plus âgés, une base de connaissances importante peut parfaitement aider à compenser » cette chute dans les capacités de traitement de
l’information. N’oublions pas, en effet, que […] les connaissances tiennent une place centrale dans
l’expression créative !
Mais les connaissances ne vont pas, elles non plus, sans une indéniable
forme de dynamisme ; elles doivent impérativement se renouveler, se
réactualiser. La perte de flexibilité, ou
la mise en place d’un système de pensée « rigide » suivant lequel il
n’existerait qu’une façon « correcte » d’aborder un problème entrave,
chez le sujet âgé, l’acquisition de connaissances nouvelles, ainsi que le
jaillissement de nouvelles idées.
De même, […] la tolérance
à l’ambiguité, mesurée par la Barron-Welsh Scale, décroit avec l’âge,
particulièrement après 50 ans, et, pour ce qui est de la persévérance, […] l’âge s’accompagne [on le sait] d’une baisse de vigueur et de
combativité face à la frustration inhérente à l’activité
créative ; la fatigue joue !
Le créateur âgé aura ainsi une certaine tendance à « dormir
sur ses lauriers » sans plus chercher
à surpasser ses contributions précédentes,
et ce, bien sûr, d’autant plus qu’il est reconnu. Son âge avancé l’incitera à la prudence et, donc, émoussera sa
tendance à la prise de risques, si essentielle à l’a démarche créative.
Il faut également compter avec le poids de plus en plus prégnant
du conformisme, chez les adultes âgés de
60 ans et plus […].
Il est une dimension de la créativité dont la constatation ne
date pas d’hier : elle est fort troublante puisqu’elle a trait au lien qui
existe entre Créativité et troubles
mentaux. N’avons-nous pas tous en tête l’image du savant fou, ou du génie
fou ? Van Gogh, Virginia Woolf, Gödel, Camille Claudel, Nietzsche,
Arthaud, cela vous parle ?
La psychologie expérimentale a, elle aussi, essayé de tirer cela
au clair.
Concernant
les facteurs cognitifs de créativité, les associations d’idées occupent une
place essentielle. On observe des associations d’idées inhabituelles aussi bien
dans les états hypomaniaques (« sauter du coq à l’âne ») que dans la schizophrénie
(enchaînement d’associations lointaines au caractère bizarre), qui peuvent
favoriser le processus créatif.
Concernant
les facteurs conatifs, selon EYSENCK (1995), l’effet du PSYCHOTISME, en
interaction avec l’intelligence, serait important pour le processus créatif et
expliquerait que la créativité soit parfois observée chez des personnes
psychotiques. Rappelons à ce propos que le psychotisme n’est pas identique à la psychose mais que, toutefois, […] un niveau élevé de psychotisme peut
augmenter le risque de développer des troubles […] comme la schizophrénie ou la
psychose maniaco-dépressive. Plusieurs études […] mettent en évidence des
corrélations entre le trait de psychotisme et la créativité, plus
particulièrement au niveau de la production du nombre total d’idées et de leur
spécificité.
Concernant
les facteurs émotionnels, des émotions intenses peuvent favoriser la créativité
en stimulant les associations d’idées, ou en nécessitant une décharge de la
tension émotionnelle dans la production créative. Mais là encore, des facteurs
émotionnels en excès, sans moyen de contenir, contrôler ou réguler ces
émotions, peuvent entraîner des débordements […] comme les impulsions violentes
imprévisibles observées dans la schizophrénie, ou encore l’euphorie et
l’exaltation maniaques et entraver tout processus créatif.
L’étude
des cas de BALZAC et de NASH [proposée dans l’ouvrage] illustre bien comment les facteurs
cognitifs, conatifs et émotionnels sont à la fois des facteurs de créativité et
des facteurs de vulnérabilité à la psychose.
L’hypothèse adoptée ici par Todd Lubart est que […] certains facteurs de créativité seraient
également des facteurs de vulnérabilité aux troubles mentaux, sur lesquels
interviendraient des facteurs environnementaux de décompensation ou de
stabilisation. Les troubles psychotiques apparaitraient lorsque les facteurs de créativité-vulnérabilité en
excès déborderaient le sujet et qu’il y aurait une perte de contrôle, ce qui
serait potentialisé sous l’effet de facteurs environnementaux stressants et
déséquilibrants. Au contraire, les facteurs de créativité-vulnérabilité, soumis
à des facteurs environnementaux stabilisants et contenants, seraient canalisés
et permettraient l’élaboration de la production créative.
Les facteurs de créativité-vulnérabilité
pourraient trouver leur origine dans certaines caractéristiques d’ordre
héréditaire, génétique.
Il faut aussi prendre en compte un autre fait, non dénué
d’importance ; l’activité créative a souvent pour effet de stimuler et
donc de renforcer les émotions intenses (comme l’exaltation, ou
l’euphorie) et les idées de grandeur liées à une sensation de toute-puissance, ce qui pourrait
favoriser l’apparition des troubles
mentaux. D’autre part, les phases
aigues de décompensation psychotique, tout comme l’installation d’une maladie
mentale chronique inhibent de façon dramatique les capacités créatives.
Conclusions : dans l’état actuel des recherches et des
hypothèses, on soupçonne de plus en plus que […] certains facteurs favorisant la créativité seraient également
des facteurs de vulnérabilité aux troubles mentaux, notamment aux psychoses
maniaco-dépressives et à la schizophrénie.
Autrement dit, les plus anciennes intuitions tendent à se voir
confirmées par la recherche scientifique : […] du Génie à la Folie, il n’y a qu’un pas.
La créativité ne serait-elle, dans le fond, qu’une sorte de
maladie ?
Voilà qui, on en conviendra, ouvre sur des abîmes de réflexion
très larges.
Grâce à ce livre, en tout cas, la créativité commence à perdre
une bonne partie de ses mystères (mystères qui, rappelons-le, intrigue depuis
fort longtemps les panseurs, les chercheurs scientifiques et…le commun des
mortels). On sait à présent, quoique depuis peu , qu’elle est liée non à un (ou
plusieurs) « dons » ou caractéristiques d’ordre
« surnaturel », quasi « magique », mais à certaines
dispositions propres à certains esprits humains.
Au même titre que des quantités d’autres phénomènes d’ordre
naturel ou humain, elle est susceptible d’être mesurée – et elle l’est, au moyen de certains TESTS, sans lesquels
un ouvrage tel que Psychologie de la
créativité n’aurait, en s’en doute, jamais pu voir le jour.
Parmi ces tests figurent Les
tests de PENSEE DIVERGENTE (capacité
[…] à générer un grand nombre de réponses alternatives à un problème dans
le but de produire plusieurs idées
différentes et originales), qui reposent sur la détection, chez un individu
donné, de trois indices : la FLUIDITE
(capacité […] à produire de
nombreuses catégories de réponses à une
tâche) et l’ORIGINALITE (aptitude […]
à générer des idées statistiquement rares).
Les épreuves de Torrance, élaborées en 1976, ont été, et […] sont encore maintenant les
plus utilisées en la matière. Elles
permettent d’évaluer les aspects tant « quantitatifs (fluidité,
flexibilité) » que « qualitatifs (originalité, flexibilité) » de
la pensée créative.
[…] un
certain nombre de recherches montrent que les tâches de pensée divergente
prédisent de manière acceptable le POTENTIEL CREATIF des individus.
Outre les tests de pensée divergente, on utilise d’autres types
de mesure, dont certaines sont centrées autour de l’ASSOCIATION (tests d’association de mots ou d’objets,
tests de métaphore).
Les
problèmes d’insight et le test d’association lointaine de MEDNICK (1962) sont –
mis à part les tâches de pensée divergente – les mesures cognitives les plus
représentatives et les plus employées pour mesurer la créativité.
Les tests conatifs, pour leur part, s’intéressent aux traits de
personnalité (questionnaires, auto-évaluation…) et aux styles cognitifs (qui évaluent les manières préférentielles de traiter l’information),
ainsi qu’à la MOTIVATION (Un moyen
d’estimer la créativité d’une personne est d’examiner les préférences et les
intérêts de celle-ci pour une variété d’activités créatives. Cet examen se fait
généralement à l’aide de questionnaires […] ou à partir d’entretiens et
d’observations. Des questionnaires d’auto-évaluation existent aussi.).
La créativité étant, comme nous l’avons constaté, un phénomène
éminemment complexe et, par conséquent, même aujourd’hui encore, assez
insaisissable ou en tous les cas malaisé à cerner selon les critères de la
stricte rigueur scientifique, Lubart souligne à quel point il est […] important, pour mieux la comprendre, d’utiliser de multiples mesures […].
L’enjeu est de taille : comprendre la créativité, c’est
comprendre l’essence même de la nature humaine, de l’HOMO SAPIENS !
Je ne peux en tout cas, pour ma part, que saluer cet austère traité :
il m’en a appris énormément, avec toute la rigueur scientifique voulue. Je
n’encenserai jamais assez la simplicité, donc la clarté de son style.
P. Laranco
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire