samedi 22 octobre 2016

Arnaud DELCORTE (Belgique).

Ils nous enlèvent les mots de la bouche
Pour en arranger d’autres à leur guise
Ils nous fatiguent de mauvaises pièces en boucle
Farcies de vieux hargneux à faux toupet de cheveux blonds
Ou de vieille bilieuse laquée permanentée
Ils nous vendent des traités à signer en fin de page 184
Sans en avoir lu un traître mot
Ils nous promettent comme à des enfants
Que tel est le diable et tel le défenseur du monde libre
Et comme des enfants nous y croyons
Ils écoulent tels des petits pains leurs armes de mort
Et font mordre la poussière à des enfants à des grands-mères
« Mais ce n’est pas nous pas nous les armes en elles-mêmes 
Ne sont pas mauvaises disent-ils ce sont les hommes »
Ils nous prennent pour des idiots nous qui sommes lâches
Et se revendent nos dettes à qui mieux mieux
Pour en faire de jolies pyramides vertes et des Caesar’s Palace
Au beau milieu du désert des lézards et des pauvres hères
Ils nous disent qu’il faut acheter c’est le secret de la prospérité
Couper la forêt sur laquelle nous sommes assis
Manger jusqu’à vomir cette terre qui nous sourit
Manger manger manger et puis s’endormir devant la télé



Mais ils ne nous disent rien de cette nuit étoilée dans tes yeux
Rien de ces jupes et de ces jambes qui jouent avec le vent pour notre plaisir
Rien du frou-frou des ailes du colibri flattant l’air lourd d’été
Rien de ces gosses qui s’inventent un trois mats pour rallier l’océan
Rien de rien en fait ils bavardent dans le vide sans oser l’habiter
Errant petits et apeurés par les tristes recoins de leur sombre caboche 
Loin très loin derrière leurs longues ombres qui nous hypnotisent
Ils ne nous disent rien de ta main bien chaude dans la mienne
De la joie immense qui submerge soudain ma poitrine
Ni de cet amour vital qui nous élance et nous anime















Arnaud DELCORTE


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