jeudi 6 décembre 2018

Le poète belge CEEJAY n'est PAS D’ICI .








Je ne suis pas d’ici
et mes yeux s’émerveillent
au-delà des astres.
Le sol, la pesanteur me rendent malhabile
la lumière d’ici me brûle les rétines
le fracas trouble ma perception.




Le langage arrête ma pensée
langues étrangères et gestes sans significations
personne ne me ressemble
excepté l’ombre et l’eau
l’oiseau et le poisson
l’animal aux yeux scrutateurs emplis d’une unique question.




Je ressemble plus à la montagne et la mer
qu’a ceux qui peuplent la vallée
 
j’erre par monts et vaux, océans et déserts en ceinturant le monde.
Jeté bas sur la terre comme un éclat d’astre perdu loin de chez lui
enivré par le givre j’ai perdu la mémoire
dans le traumatisant transport qui m’a fait naître ici.





Je n’ai que l’illusion d’un souvenir enfui aux abîmes du temps
comme on oublie celui ou la nuit tombe en un sommeil de rêves
à la souvenance impossible.
Nul miroir ou mirer mes semblables
déraciné, exilé j’arpente les mondes inconnus
en descendant isolé de ma race.




Ici il n’est rien que je sache
je suis en fuite devant un ennemi
toujours en maquis pressentant le danger
cependant séduit au point de me céder à la nature inconnue
où chaque brin d’herbe est unique
où rien ne se ressemble.





J’entrouvre les doigts, se lève le jour, se dressent les pierres
les ombres des oiseaux font un vol archaïque kidnappant le soleil.
Il n’est pas un semblable à qui dire la parole qui est mienne
je ne suis pas d’ici et mes yeux s’émerveillent devant cet incompris
où je suis étranger où rien ne vient de moi
que j’étreins et où je vis quand même




















CEEJAY










©








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