lundi 11 août 2025

F-X. MAHAH.

 

















LA-BAS DANS LE SUD...








là-bas dans le Sud où la mer est bleue à la limite

possible de la couleur où tout est forme absolue et

transparence l'incandescence magnétique fiancée du vent

amante du soleil s'élance à travers les signes jongle

avec la morale émerge des labyrinthes où sont couchés

momies d'éternité les parfums d'autrefois



là-bas dans le Sud l'ennui vous explose dans l'âme

comme mille coups de grisou vous laisse dans la nuit

un goût de cendre et de poussière poussière rouge

des hautes terres poussière saline des bords marins

poussière grise d'argile brûlée par le soleil de midi

et la peau tannée par le feu vertical traversée par

cent fleuves de sudation intarrissable vous caresse

de l'intérieur de moult souvenirs irréellement doux



là-bas dans le Sud  au-delà de la garrigue déjà

inculte au-delà de Séville et de Grenade au-delà 

encore du Grand Erg du Kilimandjaro au large de

l'Afrique mon Sud est mythiquement une Île un univers

un univers à l'envers de tout rythme de toute cadence

et climat où l'on chante en pleurant où l'on danse

immobile sur ses pieds joints où le ciel est bas

à toucher du doigt où la mer est haute et vive

comme une symphonie visuelle chaude et nue comme 

une amoureuse




là-bas dans le Sud lieu perpendiculaire à la

naissance du soleil je voudrais m'en retourner

voir le grand astre passer de l'Orient à l'Occident

des jours sans masques mouiller mes pieds à la

hauteur de la mer chauffer ma tête sous la pluie

brillante d'étoiles marcher et courir auprès des

buffles infatigables des anciens contes




là-bas dans mon Sud je voudrais m'en retourner






















F-X. MAHAH

In Sang d'ombre - Mélange d'errance (Préface de Jacques Rabemananjara), Le Vert-Galant, 2004.

















Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire