mardi 15 octobre 2013

Vous avez dit "philosophie" ?...

On pense toujours volontiers aux gens en termes de déception…que n’y pense-t-on aussi, quelquefois (plus souvent), en termes d’exigences, d’attentes disproportionnées de notre propre part !



La curiosité de l’Homme, son besoin de savoir sont sans limite. Mais, hélas, il se trouve placé au cœur d’un monde beaucoup trop grand, beaucoup trop complexe et beaucoup trop inimaginable pour lui. Un monde qui regorge de questions ; un monde hérissé de points d’interrogations, qui se dressent partout. Un univers entier de questions…puisque la question est le propre de l’Homme !



L’Homme fabrique de la question – et donc, de la réponse (sous forme de quête, d’imagination et d’abstraction) comme il respire.
Mais la question est-elle un bon moyen d’aborder, de regarder l’Univers ?



Les questions  dessinent un immense paysage de poupées gigogne, qui nous dépasse.



Jusqu’à quel point le monde que nous percevons existe-t-il ?
Jusqu’à quel point est-il le reflet de notre façon de l’appréhender, de notre tournure d’esprit, autrement dit, de notre fonctionnement propre d’être humain ?
Jusqu’où la logique, l’esprit mathématique, qui sont notre unique boussole, nous mèneront-ils sur la voie de la connaissance ? D’une connaissance qui soit le plus juste reflet possible de notre univers ?



Dans sa démarche de connaissance, l’être humain ne doit pas seulement se contenter d’interroger l’univers tel qu’il lui apparait, tel qu’il se présente à lui ; il doit encore questionner le (les) façon(s) de l’interroger qui est (sont) la (les) siennes.
Il doit simultanément étudier ce qui l’entoure et s’étudier lui-même.
Double démarche, assez éreintante !



D’une façon générale, les hommes, sans en avoir vraiment conscience, ne savent que rabaisser les femmes (à cause du sexe) et les placer sur un piédestal (en référence à la maternité).



Quand il se passe beaucoup de choses, beaucoup d’actions et d’évènements qui se succèdent sans discontinuer, on a la nette impression que le temps passe plus rapidement ; nous sentons, de manière plus directe, la mobilité temporelle, l’action, la présence de l’éphémère.



L’Homme est illogique…pourtant, les grands logiciens finissent souvent par devenir fous. Allez comprendre !



L’Homme…toujours fourvoyé dans ses folies (sa folie ?) qui l’abîment, le rongent !



Nous n’aimons pas les paradoxes.
Pourtant, la nature les aime.
A moins que ce qui, dans notre démarche de connaissance, nous apparait si souvent comme « paradoxal », « contre-intuitif », inconciliable (*), ne soit en réalité qu’une traduction, une manifestation de notre inaptitude à comprendre authentiquement le monde qui nous entoure.

(*) Exemples : la physique dite « newtonienne » et la relativité ; la physique classique et la mécanique quantique).






La question que nous lançons sans cesse au monde est « fais-tu sens ? ».
Et s’il n’était pas en mesure de répondre à pareille question (parce que, justement, elle n’a pas de sens pour lui) ?
L’Homme, animal interprétatif, fabrique du sens sans discontinuer. Et il voudrait que l’immense monde qui l’entoure et qu’il étudie réponde à son besoin – plus ou moins secret mais impérieux – de correspondance entre sa manière de fonctionner (et les attentes qui en découlent) et ce qui l’environne de toute part.
N’est-ce pas là, au fond, un fantasme éminemment mimétique, analogue par bien des points au vieux fantasme de l’Homme prétendument « fait à l’image de Dieu » ?



L’Homme « fait à l’image de Dieu » est un fantasme mimétique. Un fantasme très révélateur de la nature mimétique de l’être humain.
Toutes les religions, toutes les croyances ont plus ou moins pris appui dessus.
Mais ce n’était qu’une façon de se rassurer, d’ « apprivoiser » le monde ; en d’autres termes, de créer, à toute force, un lien avec lui… un lien qui soit aussi puissant que celui qui reliait/relie les humains à leurs proches, à leur groupe social.
C’est ainsi : par nature, l’Homme ne peut s’empêcher de vivre dans le lien, dans la relation. Son « je » étant « un autre », Dieu devenait l’autre absolu. L’idée de Dieu en dit d’abord long, très long sur la nature humaine.
Mais, pour autant, cela veut-il dire que « Dieu » n’existe pas ? Ne peut-on pas envisager que la nature soit le fruit d’une action créatrice qui émanerait d’une quelconque "entité ", d’une certaine « volonté » ?
Stephen HAWKING, par exemple, postule un Univers auto-créé, sans intervention extérieure, autrement dit (tout est question de traduction) un Univers qui serait son propre dieu. Un Univers, en somme, habité par une volonté de se créer lui-même, une volonté d’exister, d’être, mais également de « persévérer dans son être » (pour reprendre l’heureuse formule de Spinoza). Cela évacue-t-il le problème, la question de « Dieu » pour autant ? Dès lors qu’il y a impulsion, énergie, volonté créatives, même venant de l’être, de l’entité qui se créent eux-mêmes, n’y a-t-il pas « Dieu » ?
La science est peut-être, au fond, plus proche de Dieu que toutes les religions réunies.





P. Laranco.





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