lundi 11 février 2019

Philo en vrac.




A l’instant t, nous sommes toujours une créature provisoire, en tension vers une complétude plus grande.





La philosophie change radicalement notre regard sur le monde.




Nos mots posent de l’abstraction sur les choses.
En fait, au lieu de les définir, ils s’y surajoutent. Comme pourrait le faire un manteau de neige glacée.





Le poète est-il un autiste ?
C’est parfois à se demander.





Les femmes n’ont pas le droit de faire rire, ni (éventuellement) de commettre des chefs d’œuvre.
Elles n’ont pas le droit de se mettre en avant.
Que faites-vous de l’obsession la plus masculine qui soit (en dehors du sexe) : celle d’impressionner les femmes, comme on impressionnait maman ?





« Différent », cela ne veut dire ni « inférieur », ni « supérieur ».





Nul ne peut interroger le monde sans interroger aussi celui qui perçoit et interroge le monde : l’Homme.






Il y a les faits bruts. Et leurs interprétations. On sait que le cerveau humain ne peut s’empêcher  d’interpréter.
Ainsi, l’on peut faire dire ce que l’on veut à l’ethnologie, à l’Histoire (ou à l’archéologie), dont on ne s’est pas privé de tirer des « images d’Epinal » (« Nos ancêtres, les Gaulois », ou le néandertalien « simiesque », ou encore les « sauvage » d’Afrique ou d’Océanie sous-homme), et l’on peut même, du reste, « manipuler » les données des sciences exactes.





A présent, l’humanisme est monté en épingle en tant que nouveau prétexte au sentiment (au complexe ?) de supériorité de l’Occident. En regard, tout ce qui procède du « Tiers-Monde » « barbare » fait figure de repoussoir : misère, régimes autoritaires, guerres et j’en passe. La Chine est riche, mais elle ne se calque pas assez sur l’Occident, et elle a, au surplus, le front de proposer un autre modèle.
Voilà qui montre bien à quel point, encore aujourd’hui, et malgré les évolutions patentes du monde – l’univers européen et/ou issu de l’Europe se prend encore pour le cœur de toute Civilisation.





Grandir, cela consiste (trop) souvent à perdre tout ce qu’il y a de bon chez l’enfant tout en conservant ce qu’il possède de plus douteux.





Tout ce que vous pourrez dire (ou écrire) ne pourra jamais contenir qu’une parcelle de « vérité » - si toutefois il en contient bien une.





La grande majorité des gens vit sans jamais remettre en question son mode de vie ni ce qu’elle a appris sur le monde, et elle pense par stéréotypes, par automatismes mentaux qui sont quasi « enregistrés » dans l’« ordinateur » cérébral. Pour le reste, ce sont l’ego, le mimétisme (donc, l’envie, plus communément appelée « jalousie ») et, bien sûr, les besoins biologique et physiologique qui opèrent.





La jeunesse, c’est l’illusion d’être immortel.
Et après cinquante ans, c’est le rappel à l’ordre.





La Civilisation, chez l’Homme, n’est jamais quelque chose d’acquis.





L’ego est forcément mesquin.





L’Homme est une créature de communication (grâce au langage). En tant que tel, il a un certain besoin de sortir de lui-même, de s’adresser (donc, de croire) à une (des) entité(s) qui le dépasse(nt).





Dès que tu ouvres la bouche, dès que tu écris, dès que tu t’exprimes, dès que tu tentes de créer ou de mettre en œuvre quelque chose, sois bien tranquille. Tu trouveras toujours infiniment plus de gens qui seront en proie au réflexe de t’ « arrêter » net dans ton élan, de repousser sans réfléchir ce que tu crées ou ce que tu as à dire, de le traiter avec dédain plutôt que d’individus disposés à te prêter attention, voire à t’encourager (ne rêvons pas !).





La meilleure raison qu’on peut avoir pour ne pas changer sa routine est que celle-ci représente toujours une forme d’équilibre. Si ennuyeuse et si insatisfaisante puisse-t-elle parfois nous apparaitre, elle n’en est pas moins balisée, sûre et, en ce sens, rassurante.
L’aventure, le bouleversement, attirent, fascinent tels des mirages en train de miroiter dans le désert. Mais, en même temps, ainsi que le dit un vieil (et sage) adage populaire, « on sait ce que l’on a, quand on ignore ce qui vous attend ».
Lénifiant est le caractère répétitif de la routine. Comme une douce pièce réchauffée par un bon feu de bois dans un vaste âtre, toute en boiseries et en moquettes, en meubles sculptés et compacts baignés d’une pénombre cuivrée, intimiste qui entretient l’aspect cosy, intemporel.





Le point de vue des psychologues n’est pas celui des sociologues. Celui des biologistes n’est pas celui des historiens. On pourrait s’en alarmer, mais ça a quelque chose des fascinant.





Exiger de quelqu’un qu’il vous appartienne est une perversion de l’esprit.





Ce n’est pas le tout d’avoir des idées. Encore faut-il avoir une certaine autorité pour les faire écouter, entendre. Les femmes ont des idées. Les femmes sont parfaitement capables d’avoir des idées. Mais leur absence d’autorité entretenue par le corps social d’à peu près toutes les cultures humaines les a empêchées (du moins sans le soutien d’un homme, comme, par exemple, dans le cas de Simone de BEAUVOIR et de Jean-Paul SARTRE, de Marie et de Pierre CURIE) d’être reconnues en tant que telles.





La pensée peut parfois nous faire oublier que nous avons un corps. Nous enfermer dans un univers intérieur et immatériel. Nous faire oublier que notre esprit et notre corps, notre viande ne font qu’un. Qu’à l’intérieur de notre cerveau, les zones qui régissent les instincts les plus élémentaires et les émotions les moins contrôlées continuent d’être étroitement reliées à celles qui régissent l’intellect et la raison les plus « élevés », de même que les rêves les plus imaginatifs.





Des hommes que leur mère ont adulés, couverts de sollicitude et d’indulgence (comme c’est le cas dans de nombreuses cultures restées « traditionnelles ») auront une nette tendance à considérer la femme comme des sortes de figures inconditionnellement protectrices, de « cornes d’abondance » dispensatrices de plaisirs et vouées à leurs seuls besoins, au même titre que tout ce qu’il y a de riche, de précieux, de désirable, d’indispensable dans la nature. Des créatures à mi chemin entre la chose et la semi-déesse.





La passion de l’égalité est, certes, juste, tout ce qu’il y a de louable. Pour autant, elle ne doit pas glisser vers l’exigence de nivellement. Ni servir de prétexte à la jalousie envieuse généralisée.
A chacun ses talents, ses inclinaisons, ses aptitudes de prédilection, ses centre d’intérêt en tel ou tel domaine, en fonction de nos différences. Différents, ne le sommes-nous pas tous ?
Quand l’alliance du travail et des « dons », l’ambition et l’excellence sont regardées avec suspicion ou indifférence, une société en pâtit toujours. Sans compter que, bien sûr, les individus concernés peuvent en souffrir. On devrait saluer tout « don » au lieu d’avoir à le cacher.
Ceci dit, il faut également se méfier d’un autre écueil possible : l’élitisme, dans ce qu’il a d’odieusement dédaigneux, de vecteur d’ « Entre-soi ».





Maintenir les jeunes dans le jeunisme.
Les amener à vivre dans l’instant, de façon à ce qu’ils n’aient plus pour objectif, pour réels soucis que consommer, prendre la pose et suivre les caprices des modes, les caprices de leur désir (que l’on « fabrique », au demeurant, de toutes pièces). Les rendre superficiels, encore plus, bien plus superficiels qu’ils peuvent l’être naturellement du fait des seuls travers, des seules incomplétudes de leur âge. Les flatter dans le sens du poil. Leur faire ignorer l’Histoire, de même que la philosophie. Les maintenir ou les plonger dans le seul culte du FUN, de l’immédiat, du peur et simple assouvissement matérialiste en remplaçant tout idéal, toute préoccupation du SENS par le besoin d’argent et par l’hypnose du high-tech. Détricoter l’école publique, n’en faire plus qu’une coquille vide, pour abaisser le niveau de réflexion, d’intérêt citoyen de la jeunesse. En résumé, les abrutir.
Créer encore plus de divisions en les dressant (sous des prétextes libertaires très habiles) contre leurs aînés, contre leurs racines. Contre l’idée même de conscience.
Les manipuler afin de pouvoir, ensuite, mieux les désinformer.
Voilà, entre autres, ce qui peut mener des foules entières au « backclash », voire au danger fasciste. Voilà qui est, en bonne partie, l’œuvre du capitalisme ultralibéral et de la bourgeoisie qui va avec, qu’elle soit de droite ou « de gauche ».





P. Laranco.














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